samedi 7 mai 2016

En ce jour de la fête des mères.

*J’avais 15 ans quand j’ai écrit ce texte. Aujourd’hui, filant vers une 67ième année, je le termine en espérant que du haut du ciel, elle m’entende. C’est le cadeau que je lui offre en cette fête des mères. Bonne fête maman.



Maman

Maman, ce nom si beau,
Premier son de mon cœur,
Alors que j’étais au berceau,
Le jour où j’ai prononcé cette fleur.

Maman, ce nom si plein d’amour,
Dernier mot du soldat qui meurt,
Main venue du ciel, pays sans retour,
Paradis promis, loin du champ d’honneur.

Maman, toi tant aimée,
Cadeau mérité, jamais démenti.
Ce jour peut-être as-tu pleuré
De peur que ce ne soit qu’un aujourd’hui.

Maman, toi souffrante,
Loin de tes deux enfants.
D’une prière innocente,
Pour toi, ils ont prié Dieu tout puissant.

Maman, toi heureuse,
Quand tu nous as retrouvés.
Tu étais toute joyeuse,
Je me souviendrai de cette journée.

Maman j’ai grandi,
Je n’ai pas oublié
Ce que je t’avais promis,
Promesse scellée de toujours t’aimer.

Maman, ce mot si beau
Que j’ai pleuré un jour.
Aujourd’hui, bien loin du berceau,
Toute ma vie, je le dirai toujours.

Ton fils Georges


mercredi 6 avril 2016

Salut, salut!

Jean et les autres

        Certains Madelinots demeurent aux Îles en permanence et c’est bien ainsi. L’horizon immense, la mer éternellement généreuse, vaste, et colorée, les baies tranquilles et les buttes aux rondeurs de vagues en dormance leur suffit. Et puis, il y a les autres, ceux qui quittent les Îles pour toutes sortes de bonnes raisons afin de voir au delà de cet horizon inconnu. Issus d’un peuple dont on n’a jamais souhaité délimiter les frontières, même qu’on a voulu nier son existence, ils partent avec dans leur sac-à-dos, leurs Îles, leurs paysages, leurs amitiés, leur cœur à la fois heureux de découvrir et triste de partir.


           Jean Lapierre était un de ceux-là. Ancien président des étudiants de la polyvalente des Îles et premier meneur d’une grève estudiantine, le jeune de l’époque avait déjà de la graine de politicien et tout autant de chroniqueur. Ces choses là ne s’apprennent pas, on nait avec. Alors, il est parti avec dans son sac à dos, ses Îles, ses amitiés et surtout ses valeurs. La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre comme on dit. C’est ainsi qu’après des études en droit, des politiciens habiles ont bien décelé son talent. Hélas, ils ne connaissaient pas pour autant son entêtement de Madelinot et d’Acadien. Jean Lapierre avait une vision personnelle d’un pays et malgré un détour de l’histoire, il est demeuré fidèle à lui-même, assumant toutes les conséquences de ses choix, d’où fait rare en politique, l’admiration que lui a voué confrères et adversaires parlementaires. L’on peut ajouter que même dans sa gestuelle, l’on sentait qu’il y avait des limites qu’il ne fallait pas traverser, surtout quand il s’agissait de sa famille et ensuite de «ses» Îles. S’il est une chose inexplicable pour le profane venant de «la grande terre », c’est bien cette solidité de l’âme madelinienne bien enracinée dans ce petit bout de terre ancré en plein milieu du golfe Saint-Laurent. Le mouvement Madeli-aide ou le Mouvement social Madelinot n’en sont que quelques exemples parmi tant d’autres moins connus. Le Madelinot ne se définit pas par son adresse de résidence, pas plus que par la longueur de son absence de la terre madelinienne, mais bien par le cœur et la mémoire de son âme, qui eux, n’ont jamais quitté les Îles. Jean Lapierre était un de ceux-là.

…et les autres
La fatalité qui de temps à autre semble s’amuser des plus grands malheurs qu’elle nous garoche au gré de ce qui nous semble venir de son humeur, n’en a que faire de notre peine. Alors, pour nous, ceux qui demeurent, il nous reste le souvenir. Et de ce souvenir, nous avons le devoir de ne pas oublier, mais de transmettre à chacun et chacune d’entre nous et aux autres, les valeurs que nous ont laissé ces amitiés disparues, ces personnalités fortes, ces guides lucides et souvent, ces inventeurs de pays où la mer avec son horizon, demeure la seule vraie frontière dont personne n’atteindra jamais la limite. Alors, dans le bateau des souvenirs, il ne faut pas oublier d’y embarquer non seulement le meneur, mais aussi ses frères, sa sœur, son épouse, sa mère, ses enfants et petits enfants, les deux pilotes, leurs épouses et les orphelins qui n’ont jamais souhaité vivre pareille tempête. Jean serait sans aucun doute le premier à approuver ce geste. D’autres bâtisseur de mémoire sont partis avant Jean Lapierre. Il a rejoint les autres, indépendamment de leurs couleurs politiques, de leur âge ou de leur époque. Ils étaient tous Madelinots dans l’âme, bâtisseurs de pays et pêcheurs de richesses qui ne s’achètent pas. Du haut de la timonerie céleste, certainement qu’ils nous disent : Salut, salut!

GG

mercredi 9 mars 2016

Je t'écris de la Terre

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire et je ne le fais pas expressément pour être lu. De toute façon, j’écris depuis toujours et je le ferais quand même. J’imagine que cela me sert de thérapie et puisque mon blogue et FB sont là, pourquoi pas jeter le tout sur ces mers de maux, pardon, de mots.

Mon frère aurait eu 65 ans aujourd’hui, le 9 mars 2016. Dix-neuf mois nous séparaient en âge et tout au long de notre vie, ce fut comme si nous avions été jumeaux. Les premiers souvenirs qui me viennent de lui ne sont pas nécessairement heureux. Nous sommes en 1953, un soir de fin septembre je crois puisque la nuit est tombée et que mes parents nous préparent à aller au lit. Le temps est doux car la porte d’entrée donnant sur la rue Saint-André à Pictou en Nouvelle-Écosse, demeure ouverte alors que le moustiquaire monté sur cadre et ressorts est fermé. Je vois mon frère de dos, en couche, debout sur ses petites jambes, le visage collé au moustiquaire. Soudain, mon père bondit devant la porte et accroche mon frère par la taille et se projette hors du cadre en tenant son enfant dans ses bras. Alors, une grosse pierre perfore le grillage et roule sur le plancher. Ma mère terrorisée est dans la cuisine et moi je fige sur place non loin de la scène. Dehors, des voix et des rires se font entendre. Je me souviens très bien de ce qu’on criait «Go home you Fk…….n» frenchies, F frog, french pea soup»»»

Notre contact avec l’adversité a commencé alors que nous étions très jeunes. Plus tard, ce fut l’école aux Îles de la Madeleine. Avec un père pêcheur puis garde-pêche, rien ne fut facile même si de très bonnes amitiés et souvenirs dépassent en nombre les moins bons. Un jour, vers l’âge de 11 ans, suite à une bagarre où nous nous étions défendus dos à dos afin de protéger nos arrières, nous nous sommes mutuellement prêté un serment d’honneur. Peut-être ne devrais-je pas écrire ceci, mais à quoi bon cacher ce fait. Les mécontents n’auront qu’à cesser de lire. Donc, avec un couteau de poche, nous nous sommes mutuellement fait une légère entaille jusqu’au sang sur le bras et avons collé nos bras l’un sur l’autre afin d’y sceller notre promesse. Une promesse qui disait à peu près ceci : « Si un jour, tout au long de notre vie, quelqu’un tue volontairement l’un de nous, le survivant tuera le tueur. » Dans les valeurs d’aujourd’hui, cela peut paraître assez « hot », mais il faut se rappeler que nous étions dans les années cinquante et en cette époque, souvent les harceleurs étaient mieux vus que les harcelés. Alors, la question se pose. Si un évènement du genre était arrivé, aurais-je tenu promesse ? – Franchement, je n’en sais rien. Mes valeurs catholiques et de pardon auraient peut-être suffi à tolérer la douleur, mais en toute franchise, je n’en sais rien et c’est bien ainsi.


Mon frère partageait la même passion que moi. L’aviation fut pour nous deux non seulement un rêve, mais une obsession et dans la mi vingtaine, il est devenu pilote d’avion et en a fait une carrière. L’aviation était sa passion, sa maîtresse, son amour. La mer et les bateaux, sa consolation, car un jour, l’aviation l’a trahi. L’explosion d’un moteur avec des épinettes à 300 pieds sous les fesses et une montagne de pierre devant lui auront fait perdre l’usage d’un œil, 70% de l’ossature faciale, un dos amoché et un violent choc post traumatique, même si sa maîtrise de l’appareil en de pareilles circonstances lui aura permis de sauver les 6 passagers qu’il transportait vers un lac de pêche. C’était le 14 juillet 2008. On n’oublie jamais une pareille date. Six années et demie plus tard, le 14 janvier 2015, je fermais ses yeux pour une dernière fois et posais un drap blanc par dessus son visage. Un foutu cancer venait de m’arracher mon frère unique. Nous n’étions qu’une famille de quatre et je suis le seul qui demeure.

Je ne sais si autre chose existe de l’autre côté de la mort ou si Dieu existe vraiment. J’ai toujours questionné ce Dieu et du dehors et du dedans, mais je n’ai jamais eu de vraies réponses. S’il est une invention de l’homme devant l’absurdité de la vie, nous sommes bien fichus. S’il existe vraiment, j’avoue le trouver bien cruel parfois et pour toutes sortes de raisons. On a qu’à constater ce qui se passe dans le monde présentement. Même la nature dans sa toute beauté est d’une cruauté sans merci. À partir du chat qui écrase de ses dents le cerveau de la souris après s’en être amusé jusqu’à épuisement et jusqu’aux hommes qui se décapitent mutuellement au nom d’un Dieu qu’ils n’ont jamais ni vu ni entendu, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur notre existence dans cet univers.

Nous étions deux frères bien différents malgré nos grandes ressemblances. Lui, solitaire et joueur dans les bois alors que moi, je cherchais l’amitié des autres et les aventures enfantines en chaloupe à l’intérieur du havre de Havre-Aubert. Combien de fois j’ai senti son besoin de mon approbation devant ses choix et combien de fois je lui ai dit mon admiration devant le métier qu’il pratiquait. Combien de fois je fus en désaccord avec ses choix de vie et combien de fois je fus rabroué avec raison. Il avait sa vie, j’avais la mienne, mais une chose était limpide entre nous deux. Nous nous aimions d’un amour fraternel d’une solidité à toute épreuve et cela était un mur de forteresse qui dominait tout le reste.


Ce matin j’étais dans ma bulle et c’est Facebook qui m’a sorti de ma torpeur. Ma compagne s’en est aperçue et j’ai pleuré sur son épaule. Cela m’a fait du bien, tout comme ce que je viens d’écrire. Ce matin, je l’aurais appelé et lui aurait souhaité BONNE FÊTE mon frère et bienvenue dans le monde….des retraités, si cela existe vraiment. Alors, j’aime à croire qu’il est juste derrière mon épaule en ce moment, même si je ne le vois pas, et qu’il sourit en lisant ce que je viens d’écrire.  

lundi 7 mars 2016

Nouveau défi

Un défi parmi tant d'autres. 
C'est une invitation à toutes et à tous dans le cas ou vous seriez dans les parages des locaux du Mouvement Social Madelinot le 20 mars prochain à 14h. ...et c'est gratuit...sauf pour ce que vous voudrez boire au bar. Je vous invite à 44 minutes de documentaire et un temps indéterminé de jasette selon le bon vouloir des personnes présentes. J'aurai aussi des DVD sur place au cas où certains en voudraient. (Pas cher: 20$/ch et ce n'est pas obligatoire pour personne.) Venez voir comment un tas de circonstances et de hasards (on dit que le hasard n'existe pas dans certains milieux et c'est peut-être vrai) ont fait que des Madelinots ont sauvé 27 marins de ce qui semblait au départ une tragédie certaine. 

Merci de partager.