dimanche 27 novembre 2016

À chacun son évasion

À chacun son évasion

Chose promise, chose due comme le dit le vieil adage. Après toutes ces péripéties à propos des élections étatsuniennes et la rédaction d’un blog à ce propos, j’ai promis à mes lectrices et lecteurs de leur présenter mon truc d’évasion de ce monde, un peu fou faut-il le souligner.

Alors, à compter du 9 novembre dernier et pendant plus de deux semaines, j’ai construit mon bateau en crayons et pinceaux. Disons que le temps consacré à son élaboration fut une douce revanche sur le cours des évènements et un oubli nécessaire porté par la créativité, seule revanche devant une certaine bêtise humaine.

Alors, voici exposé en 9 séquences, inspiré mais non copié d’une vieille bande dessinée, le vaisseau de ma liberté.

Bordélique, mais c'est le prix à payer pour se lancer dans l'aventure. On nettoie après. 





 

 

Bonne semaine à toutes et à tous.



Georges Gaudet

mardi 22 novembre 2016

Un peuple «Trumpé»

Un peuple «Trumpé»

Les marionnettes


Presque tout a été dit ou écrit sur l’élection de Donald Trump, d’où mon hésitation à écrire ce que j’en pense. Disons que je suis entré dans une période perplexe pendant au moins deux semaines. J’ai ainsi l’envie de commencer par ma conclusion personnelle et tenter de l’expliquer par la suite.

Le lendemain du 8 novembre dernier, un grand nombre d’étatsuniens ont servi le plus éclatant « F…k Y.. » de toute l’histoire américaine envers leurs élites électorales et parlementaires. Personnellement, si j’avais été étatsunien, j’aurais certainement voté pour Hilary Clinton, mais cela n’aurait pas été par passion, mais plutôt par manque de choix. Entre un clown vulgaire et la représentante d’une élite complètement déboulonnée de la base de son peuple, un triste choix s’imposait. Cependant, le problème est qu’en politique, tout est faussé pour gagner l’électorat. À la suite des résultats de cette dernière élection, il commence à m’apparaître évident que le peuple de ce pays vient de se faire « passer un sapin » de la plus belle façon.

Comprendre les « Trumpistes ».  


Ils sont des millions dans ce pays qui jusque dans les années 80/90, gagnaient entre 35,000. $ et 80,000. $ par année dans les industries très américaines de l’acier, du charbon, de l’automobile, du pétrole, de la fabrication d’armes et de l’ensemble des besoins secondaires tels les souliers, les vêtements, les produits de la ferme, la construction domiciliaire et j’en passe. Puis, en l’espace de moins de 30 ans, ils ont tout perdu. Les mêmes besoins existent, même qu’ils ont augmenté avec l’arrivée des ordinateurs. Alors, ces gens ont vu leur gagne-pain sortir de leur village, de leur ville, de leur pays, au profit de nations à la main d’œuvre bien moins coûteuse, grâce au libre-échange international de plus en plus de mise partout sur la planète. C’est ainsi que ces gens ont tout perdu. Vivant dans un pays où 1% de la population est super riche et qu’il en coûte en moyenne 10,000 $/année en frais de scolarité pour l’équivalent d’un Cegep au Québec et 80,000 $/année pour une formation universitaire, 10,000 $ pour un accouchement et 40% de la population sans couverture médicale, il ne fallait pas s’attendre à une élite intellectuelle bien formée pour mener de l’avant une réforme de fond sur l’écart vacillant entre les riches et les pauvres de ce pays. Quand tu vis sur les coupons de nourriture, que tu as perdu ton travail, ta maison, ta voiture et que tes enfants ne peuvent dépasser une 10e année à l’école ; quand de surcroit tu dois travailler à deux endroits, parfois trois pour un salaire diminué de moitié comparé à ce que tu gagnais une décennie auparavant, quand cette situation a détruit ta famille et mené au divorce, alors il ne te reste plus rien sur quoi t’accrocher. Si en plus, ceux-là même qui ont saisi ta maison déclarent faillite en cachant leur argent dans des abris fiscaux et te demandent via ton élite politique de sauver leurs banques, alors là, la coupe déborde.

Le « sauveur »


Alors arrive le « self made man », enfin, pas tout à fait, car son père était là avant lui comme le dit le vieil adage.  Il est vantard, fendant, méprisant, mais il te promet qu’il va faire le ménage dans tout ça. Il est en quelque sorte les gros bras qui promet de faire le grand ménage dans le bar. Mieux, il te promet de garder ton «gun» et d’en faire ce que tu voudras. Hitler n’a pas fait mieux et 55 millions d’Allemands, fiers travailleurs et bien instruits l’ont suivi dans une guerre épouvantable, il y a à peine 75 ans de cela. Voilà qui explique à mon avis pourquoi une majorité d’étatsuniens ont voté pour Donald Trump. Bien qu’on a traité d’idiots et de sans éducation ses partisans, il ne faut pas oublier non plus qu’un pays qui n’offre pas un niveau supérieur d’éducation à une majorité de sa population, ne peut se permettre d’insulter la masse de ses travailleurs dépouillés de ce qui leur reste. C’est un peu comme si on avait dit à ces gens : « Taisez-vous, vous êtes trop idiots pour comprendre. » Dit autrement : « fermez vos yeules. » Le grand-père de Boucar Diouf dirait certainement quelque chose comme ceci : « À cracher en l’air le nez face au vent, tu finis toujours par recevoir le tas en pleine face. »  …et c’est ce qui est arrivé le 8 novembre en soirée.

La grande manipulation


Les véritables dirigeants de ce pays ont encore fait un coup de maître. Ils sont les grands banquiers, les hyper riches, les propriétaires communs de multinationales qui, chaque seconde, par le moyen d’ordinateurs aux algorithmes puissants, jouent avec les valeurs monétaires à l’échelle planétaire. Cela s’appelle « la bourse », résumant ainsi l’ensemble des places boursières interconnectées entre elles tout autour de la terre. Pour ces gens, le seul danger à l’écroulement de leur système réside en une révolte mondiale, chose impossible à leurs yeux. Là où réside une possibilité de préserver ou d’augmenter la valeur boursière, ils n’hésitent pas à transférer des sommes colossales d’actifs d’une région à une autre, les accords de libres échanges étant l’outil par excellence aujourd’hui. Et pour cela, ça leur prend des politiciens capables de calmer leur peuple ou de l’envoyer en guerre s’il le faut. Cela leur prend des politiciens capables de donner l’illusion de régler les problèmes de leurs partisans, même de leur mentir s’il le faut. D’autres moyens existent pour soutenir tout cet attirail de contrôle. Des enfants privilégiés, triés sur le volet et qui iront aux meilleures universités du système tout en interdisant à la masse le même accès. À cela, on ajoutera des jeux si attrayants qu’une fois les « hot-dogs » payés, les peuples n’auront pas envie de se révolter devant… tant de plaisirs.

C’est ce qui est arrivé le 8 novembre dernier aux États-Unis. L’élite a voulu faire taire la masse en la traitant de sans-éducation, voire « niaiseuse sur les bords ». La frustration et la souffrance avaient fait déborder le vase depuis longtemps. Flairant le danger, il fallait trouver non pas un émissaire, mais deux diamétralement opposés. D’une part une personne disant en privé aux banquiers qu’elle était de leur bord tout en disant à ses partisans politiques exactement le contraire et puis d’autre part, un pantin à l’allure de réussite, grossier personnage, caricature de carnaval, mais capable de pointer les frustrations du plus grand nombre en lui promettant de régler ses problèmes par des moyens plus farfelus les uns que les autres. Et devinez pour qui les hommes d’affaires de Wall Street, ces personnages les plus influents de la terre ont voté dans une proportion de plus de 80%, selon certains sondages ? – pour Donald Trump évidemment. C’est tout dire.

Épilogue


Je sais, les gens comme moi qui croient en une conspiration mondiale se font ridiculiser sur la place publique et je n’en ai que faire. Conspiration organisée, peut-être que non, mais amalgame d’intérêts communs qui se rejoignent, la chose me paraît évidente. Les pantins sont au pouvoir, les vrais dirigeants sont en arrière. Malheureusement, dans le cas des États-Unis, chaque citoyen est muni de plusieurs fusils. Quant à leur récent pantin élu, une fois que le peuple réalisera qu’il a été trompé et que cette marionnette détient les codes nucléaires, ce ne sont pas seulement les États-Unis qui vont trembler, mais l’ensemble du monde. Reste à espérer que les « véritables » dirigeants de cette planète qui sont eux aussi des humains, auront l’intelligence et la force suffisante pour maîtriser les monstres qu’ils ont créé de toutes pièces.

Le lendemain de l’élection Étatsunienne, l’ambiance médiatique internationale m’a rappelé bien des souvenirs. J’ai vécu plus d’une année entière auprès de familles toutes républicaines. J’ai vainement tenté de les comprendre. On me surnommait « affectueusement » le socialiste. Le 9 novembre dernier, je ne fus pas surpris de constater qu’une majorité de gens qui ne peuvent se payer ni dentistes, ni protection médicale, ni éducation, ont voté massivement pour un type qui ne s’est pas caché pour leur dire qu’il leur en enlèvera encore plus.

Non surpris, mais désolé, je me suis évadé dans un autre univers bien plus rassurant que celui promis par nos marionnettes de ce monde. J’ai sorti ma boîte de pinceaux et tubes de peinture, puis je me suis mis au travail. Le résultat sera connu la semaine prochaine…peut-être. Bonne semaine à toutes et à tous.  


Georges Gaudet

mardi 8 novembre 2016

Au bout de la corde du canot

C’était hier

Depuis mai dernier, certains de mes lecteurs et lectrices m’ont fait remarquer avec raison, que je ne publiais pas aussi souvent sur mon blogue et non plus sur les réseaux sociaux. La raison est toute simple et par soucis de respect envers ces lectrices et lecteurs, que je remercie d’ailleurs pour leur fidélité, voici quelques explications.

Raison 1 : Depuis quelque temps, les réseaux sociaux me déçoivent beaucoup. Le pullulement des messages haineux y foisonne comme mauvaise herbe. Les gens honnêtes se font traîner dans la boue, les journalistes qui ne sont que les messagers et sentinelles de notre liberté d’expression à tous, se font ridiculiser, mépriser et insulter par quelques petits imbéciles, trop ignorants pour réaliser que s’ils continuent ainsi, ce sont eux-mêmes qui ne pourront plus proférer leurs insultes anonymes sur ces réseaux de grande liberté dont ils usent comme poubelle à leurs frustrations personnelles. Ce n’est pas d’hier que le peuple souhaite tuer le messager plutôt que le véritable responsable de ses malheurs. Dans l’antiquité, le roi Perse Darius avait envoyé des messagers chez les Grecs afin de leur proposer une soumission sans effusion de sang. Les messagers Perses furent jetés au fond d’un puit chez les Spartiates et à Athènes, même les traducteurs furent jetés du haut de l’acropole pour avoir soi-disant souillé la langue grecque en ayant traduit la langue d’un barbare.

Raison 2 :..et elle est bien plus sérieuse celle-là. Depuis peu, je me suis mis à la rédaction de ma vie personnelle avec l’intention de ne pas la publier. Ce qu’il en résultera sera pour que la mémoire n’oublie pas et demeurera la propriété manuscrite de mes bénéficiaires, une fois que je serai parti de l’autre bord pour savoir si j’y suis. Évidemment, une telle entreprise prend du temps et gruge sur d’autres projets. Toutefois, sans entrer dans les détails, il y aura sans doute des bribes de ce manuscrit que je me ferai le plaisir de partager avec vous. Ne vous attendez pas à des révélations flamboyantes ou à un roman choc. Une telle entreprise est une démarche de vérité et non un écrit pour épater la galerie.

Comme je n’en suis rendu qu’au début de l’adolescence, voici une petite partie de souvenirs heureux que je veux bien partager avec vous.


L’enfance
L’enfance n’est pas que jolis souvenirs, joies et bonheur. Dans mon cas, j’aurais plutôt envie de dire le contraire. C’est probablement ce qui explique cette difficulté d’énumérer ces quelques beaux moments qui sont demeurés gravés sur mon cortex de jeune enfant et ne sont jamais disparus avec l’âge. Ces moments sont comme des instantanés, des « flashes » qui apparaissent en ma mémoire dans les moments les plus inusités. D’ailleurs, je me propose d’en faire le récit chaque fois qu’un de ces « instantanés » surgira au cours de la longue écriture de ce parcours personnel. Ceci n’est pas un roman, mais l’agenda véridique d’une vie et je le résume au fil des souvenirs et non pas pour raconter une belle histoire bien ficelée.


« Flashes » - Moments magiques à bord du « canotte » de mon grand-père, du temps où je n’allais pas encore à l’école. Il attachait toujours son embarcation à un pieux bien planté dans la vase. Ainsi, équipé d’une longue corde, je pouvais apprendre à ramer la distance voulue sans danger de partir avec la marée. Pendant ce temps, mon arrière-grand-mère Mélanie, âgée de plus de 80 ans, s’assoyait à l’arrière de l’embarcation et égrenait son chapelet en silence pendant que je tentais d’assimiler le dur synchronisme des rames. Je me souviens aussi de ces jeux de « canisse », un jeu de cachette autour de la grange chez-nous, chez Cornélius ou chez Louis Boudreau avec tous les enfants du canton du « P’tit ruisseau. » Je me souviens de ce jeu de balle-molle avec un bâton rustique et une balle de caoutchouc mou, couleur bleue, blanc, rouge, chez Louis Boudreau. Comment oublier ces moments de construction de cerfs-volants en papier journal avec ficelle appelée « corde à morue » et structure en croix faite de « lattes de cages. » À cela s’ajoutaient au cours des étés, les plongeons de sur la cabine du bateau de mon père attaché au quai de «la boucanerie ou de sur le pont de celui à Ernest à Lucien, attaché au quai à George Savage. Souvent la matinée ou la journée était complétée par une navigation solitaire à rames, à l’intérieur du havre avec le doris de mon père et liste de commissions pour ma mère au magasin à Jos Bouffard. Je prenais toujours bien soin de faire le trajet à la rame entre le point d’ancrage du doris et l’arrière du magasin général de cette époque. En ces moments-là, le bonheur existait et autant mes copains et copines de jeux que moi-même n’étions réellement conscients que ce bonheur ne pouvait être que temporaire. Quand je regarde les enfants d’aujourd’hui et que je les vois sortir des garderies, je me demande chaque fois ce qui se passe dans leurs cerveaux de jeunes enfants dont les vastes horizons non virtuels ne leur ont jamais été révélés par la nature toute simple des choses et un environnement de campagne si différent de celui d’aujourd’hui.

Bien sûr, chaque génération à ses beautés, ses défis et ses malheurs. Certaines ont connu des guerres interminables, d’autres des cataclysmes naturels. Notre planète terre surchauffe présentement, tant dans son inconscient collectif que sur sa surface géographique. Difficile de prévoir ce que sera demain, mais je mentirais si je disais que j’envie les futures générations. Est-ce cela le signe du crépuscule d’une vie? –peut-être, je n’en sais rien, mais il m’arrive de trembler pour les générations à venir.

Georges Gaudet