samedi 1 avril 2017

Certains s'en sortent, d'autres pas.

Suis-je le seul à penser ainsi ?

*Toute personne atteinte d’un cancer devient courageuse. Elle n’en a pas le choix. Quant à la façon d’exprimer ce courage, il y va de chaque personne.

J’avoue avoir de plus en plus de mal à écrire depuis quelque temps, tellement les émotions se succèdent au rythme effréné des images et des nouvelles que nous envoient les médias de par le monde. Entre l’ignorance volontaire de la laideur qui nous entoure et le choix tout aussi volontaire du regard porté uniquement vers les beautés qui nous interpellent, j’ai toujours cru qu’un certain niveau de conscience, d’équilibre et de décantation s’imposait afin de survivre dans cet univers pour le moins en totale ébullition. Voici donc un long préambule pour justifier le sujet choisi aujourd’hui. Un sujet qui m’interpelle et même, me bouscule à en faire mal. Et ce sujet, il concerne la façon dont les médias actuels et l’ombre publicitaire de certains organismes publics et/ou populaires, utilisent la misère humaine pour mousser en sourdine et parfois subliminale, leurs propres intérêts.

« Survivants du cancer » et un titre comme : « Le cancer a amélioré sa vie ». Dois-je écrire qu’un tel titre m’a fait bondir dans les rideaux? Depuis une semaine, un médium provincial à grand tirage propose un dossier sur les différentes victoires réalisées par certaines victimes de cette terrible maladie. Je le confesse, j’ai abandonné de lire ces écrits tout simplement parce qu’envahi de rage et de douleur. Bon, a priori je comprends que des âmes bien intentionnées souhaitent ainsi donner espoir à toutes les victimes de ce fléau mondial et cette attitude est noble. Cependant, là où je ne marche pas, c’est quand on fait de ces victimes « victorieuses » des héros extraordinaires. Je ne peux m’empêcher alors de penser qu’a contrario, on blesse profondément les familles et les victimes de ceux et celles qui ne s’en sont pas sortis. Pire, j’ai l’impression qu’on les culpabilise. Quand je lis de tels textes où l’espoir est habilement saupoudré de morale en comportements humains et de recettes de survie pas nécessairement adaptées pour tout le monde, un profond malaise s’installe en moi et je ne peux m’empêcher de penser.

Je pense à deux gars qui font du ski en milieu montagneux. Soudain, une avalanche (le cancer) leur arrive sans avertissement. Tous les deux glissent, roulent et tentent tant bien que mal de flotter sur ce monstre qui peut les tuer. L’avalanche meurt dans la plaine. Un des deux types s’en sort, l’autre pas. À mon avis, les deux ont été courageux, mais il y en a un qui a tout simplement été plus chanceux que l’autre, c’est tout. Je pense à ce vieux vétéran du débarquement de Normandie que j’ai interviewé un jour en le gratifiant de héros et qui m’a dit : « Il pleuvait des balles sur ma plaque blindée. J’ai été tout simplement chanceux parce que je ne mesurais que 5 pieds et 2 pouces. Je n’étais pas dans le chemin des balles. Les vrais héros, ils n’avaient pas encore 20 ans et des coquelicots poussent autour de leur tombe dans un cimetière, quelque part en France ». Je pense à une amie (France) qui m’a invité au resto un jour pour me dire qu’elle tenait à jaser de tout et de rien avec les gens qu’elle estimait le plus dans sa vie… avant de livrer la plus grande bataille de sa jeune existence et la perdre trois années plus tard. Je pense à mon père qui m’a dit : « Je ne pensais pas que ça arrivait si vite ». Je pense à mon frère qui revenant d’une demande de support psychologique auprès d’un organisme bien connu m’a dit : « J’ai vu de beaux bureaux, mais j’ai l’impression qu’on m’a menti sur toute la ligne ». Je pense à ma tante Lucie qui voguant allègrement vers ses 90 années de vie, a combattu près d’une dizaine de cancers. Bien sûr, son entourage la prend pour une héroïne, mais ma tante Lucie à un vrai héros. Il s’appelle Roger et c’est son fils, mort dans la fleur de l’âge, toujours à cause de ce foutu cancer. Ce cousin qui m’a dit un jour de tristesse, alors qu’il savait le combat arriver à sa fin : « Dire que je paye encore sur mon premier emprunt de ski-doo ». Oui, ma tête est pleine de souvenirs de gens courageux, de gens qui ont gagné et surtout de gens qui ont perdu une bataille contre un ennemi invisible, imprévisible et toujours sournois. Ma tête est pleine de gens chanceux, mais surtout de gens qui ont cette humilité de le reconnaître. Alors quand je vois des titres comme : « Le cancer a amélioré sa vie », j’avoue trouver le message un peu bizarre pour ne pas dire… choquant. Dois-je préciser ici que je ne reproche rien à la personne pour qui cet évènement fut bénéfique et c’est tant mieux pour elle, mais je n’ai aucune félicitation à faire au journal qui a trouvé un tel titre. Décidément, certains « professionnels » de l’information ne savent pas faire la différence entre information, témoignage et sensationnalisme. Désolé, mais s’il me faut passer par un cancer pour « améliorer » ma vie, je passe mon tour. Et si par malheur, j’en suis victime et que je m’en sors, j’aurai été chanceux… tout simplement, mais je suis peut-être le seul à penser ainsi !

Les beautés qui nous interpellent.
C’est une idée qui me fut proposée par une lecture pour le moins inappropriée à ce genre de discussion et elle se lit comme suit : « Le plaisir d’être en mer, le remède le plus sûr contre la civilisation »… Tom Clancy dans (Tempête rouge).  


Georges Gaudet   

mercredi 22 mars 2017

De retour...comme les outardes.

De retour, comme les outardes.


Petite annonce : Il est enfin prêt et j’ai 150 exemplaires en ma possession. La petite histoire vraie de 110 pages sur laquelle j’ai travaillé la plus grande partie de cet hiver est aussi en vente sur (Amazon.ca). Il suffit d’aller sur ce site et poser le curseur dans la grande bande blanche suivie d’une petite loupe en haut de la page et écrire le titre du livre : « Deux frères, une passion ». Ensuite, il ne vous suffit que de suivre les instructions si vous êtes intéressé par cet achat. Cela à l’air compliqué, mais ça ne l’est pas du tout. Attendez-vous cependant à payer les frais postaux, ce qui correspond à presque la moitié du prix du livre, soit près de (5. $). Quant à l’écoulement des 150 copies en ma possession, je vais les présenter en deux occasions. Un lancement est à prévoir au Mouvement social madelinot en avril prochain et dont la date demeure à confirmer. Quant aux Îles, j’aurai l’immense plaisir de présenter cette petite histoire au lieu exact où prirent naissance les racines de ce récit, soit en après-midi à l’église de Havre-Aubert, le 18 juin prochain. De plus, j’aurai aussi le privilège d’exposer pendant une heure la conférence que je présente depuis maintenant 6 années aux voyageurs à bord du CTMA VACANCIER pendant toute la saison estivale. Il s’agit en quelque sorte de ma vision personnelle de l’histoire des Îles de la Madeleine et des Madelinots… avec humour bien sûr. Il y aura un léger prix d’entrée et la totalité (à 100 %) ira au comité de fabrique de la paroisse pour l’entretien de leur église.

Ailleurs sur la planète
La suite n’a rien à voir avec l’annonce ci-haut. Depuis presque un mois, je n’ai rien écrit sur la blogosphère et pour une seule raison. Je n’en pouvais plus d’assister impuissant à la désintégration lente, mais immuable de la société québécoise et aussi du coin de l’œil, au désastre humain sur la presque totalité de notre unique vaisseau planétaire, la Terre. Entre les tristes réalités d’une province sans souvenir et d’un « Québec bashing », j’ai cherché consolation dans le reste du monde. Hélas! au constat des grandes inégalités et injustices mondiales, des guerres et du 1 % des riches qui détiennent plus de la moitié de la totalité de la richesse mondiale, je me suis vu comme ce gamin sur la montagne qui assiste, les yeux exorbités, au massacre de son village dans la vallée. Il est des moments comme ça dans la vie où un moment d’arrêt s’impose. Je ne sais d’où ça vient, mais j’ai toujours ressenti un profond malaise devant l’injustice et parfois pire, l’incompétence crasse. Des chefs politiques qui s’en tirent sans passer devant des commissions d’enquête, des bandits assassins, membres de groupes criminels, qui sortent de prison sans accusation parce que les délais en attente de procès sont trop lents, des vieux qui croupissent dans leurs couches sales parce que les budgets ne permettent pas de les laver aussi souvent qu’il le faudrait, des gens prisonniers de leurs voitures pendant plus de 12 heures dans une tempête de neige alors que les hôtels, maisons et restos sont à moins d’un quart d’heure de l’endroit… et la liste peut être allongée « ad nauseam aeternam ». Certains pourraient me dire que ce n’est pas partout pareil et ils auraient raison, mais nous pouvons tous être victime de circonstances bêtement gérées et ce, où que l’on habite. Et puis l’exception ne confirme-t-elle pas la règle? Laissez-moi vous raconter une petite histoire.

Aux Îles
Hiver 2014, Havre-Aubert. Il fait tempête sur le Havre-aux-Basques, la route est fermée. Mon frère qui combattait un cancer terminal depuis près de deux ans et qui habitait l’endroit, m’appelle en pleine crise de panique et de détresse psychologique. J’appelle alors le 911 et toute une opération se met en branle. Ceci est tout à l’honneur des Madelinots. Bien qu’un protocole d’action soit nécessaire, les Madelinots ont ce sens du but à atteindre, du port où se rendre. Précisons que cette nécessité peut à l’occasion demander d’outrepasser le protocole. Et puis tout le monde s’en fout si une vie est sauve. C’est alors que la charrue, la police, l’ambulance et les premiers répondants dans le village ont sorti les quads et les skidoos. Ils ont forcé la porte de la maison, sécurisé mon frère et une heure plus tard, il entrait à l’urgence à l’hôpital de Cap-aux-Meules. Je tire mon chapeau à tous ces gens qui n’ont pas besoin de diplômes, de protocoles, d’appels de ministres ou de sous-ministres pour tenter de sauver quelqu’un. Ils sont humains, c’est tout et c’est grand en même temps. Malheureusement, c’est à l’urgence que ça s’est gâté. Mon frère n’ayant pas dormi depuis longtemps et toujours en état de détresse se fait dire par un jeune médecin de garde :- « je ne sais vraiment pas pourquoi vous êtes venu ici. Vos signes vitaux sont tous corrects ». J’étais à ses côtés et je n’en croyais pas mes oreilles. Un curieux dialogue alors s’installa. Je ne pus m’empêcher de dire : « vous avez vu son état? – moi je ne le ramène pas, ni chez lui, ni chez moi comme ça.» Sur ce, mon frère dit : « si vous ne m’aidez pas, vous allez voir comment je vais vite le régler… mon cas. » Devant lui, le médecin me demanda s’il avait des instruments chez lui qui pouvait l’inciter à commettre l’irréparable. Mon frère l’interrompit en lui disant : « J’ai un bon coffre à outil et je suis un ex-policier. Je sais comment me servir de ce qu’il faut si vous me poussez à ça. Je n’en peux plus, ça fait 7 jours que je ne dors pas et «maudite marde», je suis ici pour vous demander de l’aide, pas pour me faire dire que je ne meurs pas assez vite. Je suis dans une douleur constante et je bouffe plus de 20 médicaments par jours… » et sur ce, il se mit à pleurer. Enfin, c’est là qu’il fut décidé de le garder en observation pendant un certain temps, de rééquilibrer sa médication et de le faire voir par un psychologue. Il fut hospitalisé environ une semaine avant de retourner chez lui avec un suivi plus serré. J’imagine que le médecin en question avait suivi un protocole. Et si un protocole était suffisamment transparent pour au moins percevoir la détresse humaine, ne serait-ce pas un peu plus… intelligent?

Quelque chose me dit que si des Madelinots avaient été proches de l’autoroute 13 à Montréal la semaine dernière, il y a des policiers qui se seraient fait parler, des camionneurs qui se seraient fait ramasser et une colonie de skidoos qui auraient rempli les maisons et hôtels des alentours en attendant que la tempête soit finie. Évidemment, il y a des valeurs qui se perdent derrière des protocoles qui trop souvent, ne servent qu’à protéger certains dirigeants de leur propre incompétence. À juste titre, pouvons-nous nous poser la question suivante : « Y yousse qu’on s’en va au Québec? »
Bonne semaine à toutes et à tous… quand même.    

Georges Gaudet


lundi 27 février 2017

Il s'en passe des choses.

Résumé d’une semaine

Que d’évènements se sont passés au cours de la dernière semaine! Je ne sais si ce constat est le résultat de tous ces médias qui nous entourent à l’échelle mondiale, mais j’ai l’impression que notre monde est au bord de quelque chose de difficile à identifier et qui sera de grande envergure tant pour le meilleur que pour le pire. Certains lecteurs m’accuseront de pessimisme, mais rien n’est plus faux. Certains voient le verre à moitié vide et ce n’est pas mon cas. D’autres le voient à moitié plein et ce n’est pas mon cas non plus. Au fil des évènements, je vois le verre à moitié plein et à moitié vide. Ceux qui le voient vide sont des pessimistes qui ne feront rien pour le remplir. Ceux qui le voient à moitié plein et s’en réjouissent ne feront rien non plus pour le garder à ce niveau. Personnellement, je préfère regarder le verre dans son ensemble et voir à ce qu’il continue de se remplir, juste au cas où une soif imprévue demanderait de puiser dans le contenu pour que tous puissent s’y abreuver. Et pour moi, ça, c’est du « réalisme », un concept qu’on tente désespérément de neutraliser de nos jours. Au hasard de la nouvelle, permettez que je cite quelques faits tant mondiaux que locaux, car sonner l’alarme n’est pas faire preuve de pessimisme, mais bien de réalisme.

Localement

Je ne les ai pas crus sur le coup, mais au cours d’une séance hebdomadaire de patinage, deux amis habitant ma nouvelle région depuis l’enfance m’ont fait remarquer que les outardes (bernaches canadiennes) commençaient à s’installer dans l’environnement immédiat de la petite ville où j’habite. Alors, ce matin, juste devant ma fenêtre, j’ai vu ces superbes oiseaux volant au-dessus du village. Bizarre tout de même, car j’écris ces lignes le 26 février 2017. Si a priori, ces bernaches du Canada sont censées avoir un sens inné des courants chauds aériens qui leur servent de radar, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond dans l’horloge climatique de notre planète. Ces oiseaux lents sont partis vers le sud presque à Noël et voilà qu’ils sont déjà sur le chemin du retour. C’est pas normal tout ça!

En province
Pas grand-chose à dire. Toujours du pareil au même. Le gouvernement a tenté de soutirer en crédits d’impôt 500 millions de dollars aux plus vulnérables de la société qu’il prétend protéger et il a dû reculer devant la peur d’y perdre ses prochaines élections. Pour le reste, c’est du pareil au même. Les travaux routiers coûtent toujours plus cher au Québec qu’ailleurs au pays. Le « chiard » est pris au sein du SPVM alors que les maires Labeaume et Coderre auraient déclaré dans un autre ordre d’idées que les référendums étaient des procédés « antidémocratiques ». Voilà qui promet pour les années à venir.

Au pays
Notre beau premier ministre se promène de par le monde et force l’admiration de tous les médias internationaux. Quant au contenu, la boîte d’emballage est belle, mais personnellement, je ne vois toujours rien à l’intérieur. Bof!

Aux États-Unis
Voici des « États-Unis » qui ne sont plus unis du tout, surtout depuis l’élection de leur nouveau président dont je suis écoeuré d’entendre le nom à la télévision. Au cours de sa dernière conférence de presse, il a refusé l’accès aux journalistes « qu’il n’aime pas ». Wow! – pour le président d’un pays qui se vante de sa démocratie, on repassera. Je précise que tous les plus grands dictateurs ont commencé ainsi. De Staline à Pol Pot en passant par Mussolini, Hitler, Mao et quelques autres, ils ont tous commencé par museler la presse opposée à leurs idées, créé de fausses nouvelles, foutu le feu dans les bibliothèques, assassinés les penseurs qui leur étaient opposés et fini par plonger leur peuple respectif dans une spirale de violence dont l’histoire retiendra l’horreur et la bêtise de tous ces tyrans. Désolé pour l’optimisme sur le sujet, mais là, je n’y peux rien.

Et à l’international  
Ça, c’est bien loin de chez nous, mais tout aussi important, même si nous ne nous sentons pas concernés. Les médias internationaux nous ont appris cette semaine que le demi-frère du président de la Corée du Nord, Kim Jong-nam aurait été assassiné dans un aéroport en Malaisie, supposément sur ordre de son demi-frère, le président nord-coréen, Kim Jong-un. Bon, je sais que tout ne va pas bien dans l’ensemble des familles au Québec, mais personne ne s’est encore jeté au visage un produit toxique appelé « VX », soit un produit liquide dix fois plus toxique que le gaz « sarin ». En d’autres mots, une seule goutte de ce VX sur la paume de votre main et vous êtes partis pour l’autre monde en moins de dix minutes et dans des souffrances qui vous paraîtrons durer des heures. OK! J’arrête là, mais ce qui me chicote le plus, c’est que des individus aient pu se promener dans un aéroport international avec ce fameux liquide en poche, même qu’on dit que les premiers intervenants ayant touché sans protection la victime risquent d’en mourir aussi, si toutefois ce n’est pas déjà chose faite. L’auteur Pascal De Sutter a déjà écrit un roman intitulé : « Ces fous qui nous gouvernent » alors que François Mitterrand, président de la République française a déjà déclaré : « Le pouvoir est une drogue qui rend fou quiconque y goûte ». De nos jours, on pourrait dire qu’il faut être fou pour accéder au pouvoir.

De retour à Sainte-Martine
Ici, à part les outardes qui arrivent de bonne heure en fin février, les choses sont heureusement tranquilles. Pour le deuxième hiver consécutif, la rivière n’a pas gelé suffisamment pour y patiner. Les grosses chutes de neige reçues un peu partout au Québec ont évité de passer par la région et même les bombes météorologiques annoncées sont tombées loin de notre petite municipalité. 

C’est peut-être ce qui explique qu’en ce moment même, il y a un gars du coin qui est en train d’écrire un blogue sans trop savoir pourquoi et qui attend avec impatience l’impression de son prochain roman (Deux frères, une passion), une aventure qui n’a rien à voir avec tout ça.

Bonne semaine à toutes et à tous, puis à la semaine prochaine.

  
 Georges Gaudet