vendredi 23 septembre 2016

Au revoir famille du CTMA VACANCIER

L’ÂME DES BATEAUX

Mon père disait souvent : « Il y a des bateaux qui ont une âme et ils ne savent pas mourir ». Je ne comprenais pas toujours cette citation, mais après cinq été passés sur ce bateau-ci, je peux vous assurer que je sais maintenant ce que mon père voulait dire.

Ce bateau-ci à une âme et c’est une belle âme.


Elle est riche de toutes ces belles personnalités que nous avons côtoyées au cours des 36 croisières que nous avons vécues à son bord. Pas beaucoup de navires de croisières, de par le monde, s’arrêtent aux pieds d’une statue de la Vierge pour en souligner l’existence. Ce bateau est pour nous comme un animal de compagnie qui vous suit partout. Il est vieux, mais solide. Il lui arrive de sentir mauvais parfois, mais c’est comme un p’tit vieux qui vient de prendre ses pilules. Les effets secondaires sont là…quelques fois ! Ses chambres sont petites, mais « so what »…son cœur est grand de tout cet équipage qui se dévoue corps et âme pour que chaque croisière soit un beau souvenir inoubliable.

On nous parle d’un beau bateau neuf d’ici quelques années. Pourtant, je vous assure que le jour où celui-ci partira pour un avenir peu prévisible, certains pleureront, un peu comme le jour où l’on porte son compagnon à quatre pattes chez le vétérinaire. J’ose émettre l’espoir que le jour de son abandon, qu’on le vide de toute pollution et le coule sur un fond marin afin qu’une abondante flore marine s’en accapare et qu’il devienne une attraction pour toute une colonie de plongeurs amateurs et professionnels. Ce serait bien mieux que de finir en pièces détachées ou abandonné sur une côte étrangère, rouillant de misère et polluant tout un environnement. Comme le disait mon père, « les bateaux ne savent pas mourir.»…mais c’est peut-être à cause des hommes. 

Dominique et moi, tout comme vous, les nombreux passagers de ces croisières estivales, sommes maintenant débarqués sur la « Grande Terre » et ainsi s’est terminé ce beau voyage de 12 semaines à bord…ceci avec l’espoir de recommencer l’été prochain.

Merci donc à vous toutes et tous, passagers du bonheur, membres d’équipage, de la salle des machines à la timonerie, des cuisines à la restauration, de l’entretiens des chambres à l’animation, des matelots aux manœuvres d’accostages, sans oublier les officiers et membres de toute la sécurité …sur ce beau navire qu’est le CTMA VACANCIER. On dit aussi qu’un navire à la beauté de son équipage. Dans le cas de celui-ci, c’est on ne peut plus vrai !


…et à l’été prochain. Bonne route à toutes et à tous.


Georges Gaudet

lundi 12 septembre 2016

Petit texte de fin d'été

Petit texte de fin d’été

Non, je n’ai pas été paresseux au cours de l’été, mais j’avoue avoir préféré le défi des histoires et contes en croisières de même que les nombreuses heures à terre pendant la pause hebdomadaire afin de continuer la réparation de mon petit voilier.

Voici que l’été achève et notre contrat aussi en tant qu’artistes invités sur le CTMA VACANCIER. 

Depuis cinq années, les souvenirs s’empilent à un rythme dont le cerveau n’arrive pas à en démêler les partitions. Que de gens formidables nous avons rencontrés. Certains diront : - et aussi les casse-pieds ? Eh bien, comme partout ailleurs, les sociétés ont leurs exceptions, mais dans la très grande majorité, ma compagne et moi avons côtoyé de belles âmes, quelques fois cachées derrière un masque de crainte, d’angoisse ou de peur. Tous les vendredis de l’été, beaucoup sont montés à bord avec un visage interrogateur pour ne pas dire angoissé. Quel plaisir ce fut à chaque fin de croisières de les voir quitter le navire, larmes de joie aux yeux, l’au revoir facile et souvent avec la promesse d’y revenir une autre fois.
Bien sûr, tout ceci n’est pas facile à réaliser en tant qu’équipage ou animateurs, que ce soit en ateliers d’écriture, en conférences à saveur de contes, en soirées dansantes où en toutes autres activités ayant pour but essentiel de faire oublier aux voyageurs, un quotidien qu’ils souhaitent mettre de côté pendant quelques jours ou quelques semaines. Je m’en voudrais aussi d’oublier le travail ardu de tout l’équipage du navire. De la salle des machines à la timonerie en passant bien sûr par le service aux passagers, que ce soit aux cuisines, aux endroits des repas, aux services de loisirs et encore plus particulièrement, au service des chambres. Il y a des gens en ce domaine qui méritent bien plus qu’un simple remerciement. Ces femmes, méritent toute notre admiration.


« Le Forban »
 
Au moment de quitter les Îles, mon voilier « Le Forban » ne m’aura donné qu’une seule journée en mer du Cap-Vert. Alors, je l’ai bien bichonné pour qu’il passe un hiver sans dommage et avec l’espoir d’en profiter bien plus l’an prochain… si Dieu le veut. Il ne lui manquera que trois bouchons d’étanchéité en des caissons hermétiques faciles à atteindre et un support moteur amovible, mieux adapté que celui dont il est équipé présentement. Les prochains neuf mois seront donc consacrés aux rêves de bons vents et d’explorations des berges des Îles en 2017, lors de nos prochaines escales aux Îles.

Souvenirs, souvenirs.
 Comment oublier ces nombreuses sorties cyclistes, que ce soit sur le beau circuit de Chandler en Gaspésie,
le tour du Saint-Laurent en prenant la traverse de Lévis afin de rouler jusque Saint-Romuald puis traverser le pénible pont de Québec pour revenir par le boulevard Champlain et ce jusqu’au port d’attache de notre navire.
Montréal n’étant pas en reste, le canal Lachine, Verdun et surtout l’Île-des-sœurs, l’estacade du pont Champlain, le canal des écluses, le parc Jean Drapeau,
le pont de la Concorde et le circuit du Vieux Montréal comme destination finale n’ont jamais fini de nous surprendre agréablement.

Comment oublier cette arrivée exceptionnelle par une journée venteuse
où deux remorqueurs se sont présenté sur la coque de notre gros bateau afin de le protéger d’une dérive improbable à l’intérieur du port de Cap-aux-Meules.
On aurait dit le petit frère et le grand frère protégeant la maison familiale, museaux bien appuyés près de la ligne de flottaison et déploiement d’une force surprenante du plus petit comme en a témoigné le brassage de son hélice à la poupe. Ce fut en des jours pareils que le professionnalisme des marins Madelinots parut dans toute son efficace simplicité.

Et pour finir, comment oublier ce grand détour sur le Saguenay et cet arrêt devant la Vierge de Cap-Éternité.
Que l’on soit croyant ou non, difficile de ne pas y percevoir une atmosphère de respect et de recueillement, un moment ou même le vent, les vagues et les nuages, semblent laisser toute la place à quelque chose de bien plus grand que nous. Que dire de plus, sinon que de vivre tous ces évènements fut un privilège que les hasards de l’existence accordent à si peu. Il s’agit là d’une occasion que nous souhaitons vivre encore autant de fois que la vie, l’amour de la mer et la passion du voyage nous le permettront.

Demain, Havre-Saint-Pierre, l’Acadie et l’attraction de la Basse Côte-Nord.

Georges Gaudet




lundi 8 août 2016

Besoin de partager.




Quand le hasard sème l’amitié.
Nous l’avons rencontré lors d’une traversée en croisière sur le CTMA Vacancier l’année dernière. Il est de ces gens qu’on n’oublie pas, même quand le temps étale une première rencontre comme butin sur corde à linge. Je dirais même que le vent des Îles s’arrange pour sécher de façon permanente sur le cortex des souvenirs, une empreinte qui finira bien par être tatouée sur le cœur. Ainsi sont les gens exceptionnels. Ils sont hélas peu nombreux, mais leur amitié vaut des milliers d’autres.

Merci Alain et Édith pour ce merveilleux accueil que vous nous avez réservé une année plus tard, lors de notre retour de croisière en la belle ville de Québec. Que dire sinon que dans l’océan de l’oubli, votre accueil inattendu sur le quai et en votre demeure fut plus qu’une belle surprise. Il fut ce geste qui fait toujours croire en la beauté du monde et que parmi cette mer d’indifférence, il y a des bouées ici et là qui sont autant d’îlots de réconciliations avec la nature humaine. Dominique et moi, on vous aime.

Projet d’été


   
LE FORBAN, ce petit voilier bien plus « maganné » qu’il n’y paraissait au départ, prend petit à petit du mieux. Après quatre roulements à billes neufs, deux jantes et deux pneus neufs sur sa remorque, il lui a fallu un support petit-moteur tout neuf, un recouvrement époxy sur le bastingage, deux bouchons autovideurs neufs, deux attaches de cadènes renforcées, une quille de chêne toute neuve et un recouvrement en deux couches de fibre de verre sur le plancher du cockpit. Reste maintenant à peindre le tout pour peu que dame nature collabore un tout petit peu et ce sera le lancement pour une nouvelle carrière sur les eaux parfois tumultueuses entourant les Îles de la Madeleine. Inutile de dire que j’ai hâte.

Un monde fou 
Coupé du monde terrestre 5 jours sur 7 et protégé de la folie humaine par une mer conciliante et belle, parée de grandes et petites vagues, de vents chantants et de brumes apaisantes, n’a rien de traumatisant et de difficile. S’il est une vérité qui nous éclate en plein visage, c’est bien que l’homme peut survivre et même bien vivre sans Hotmail, Facebook, Twitter, Pokémon et autres appareils du même genre. Utilisés avec modération peut être bénéfique, mais à voir la place que des milliers de gens accordent à leur cellulaire, leurs textos, leurs APPs en tout genre a de quoi se poser la question suivante : Sont-ils tous en train de devenir fous? – devant la beauté d’un Château Frontenac imposant dont les tours dominent le ciel, ils ne les perçoivent qu’à travers un petit écran de quelques pouces. Devant un fleuve immense, paré de mille beautés, ils ne voient qu’une parcelle de ce monde flamboyant toujours à travers leur petit écran. Devant un trafic automobile fou à lier, ils ne perçoivent ni le danger pour les autres, ni le danger pour eux, toujours à la recherche de ce Pokémon ou à l’écriture de ce texto qui pourrait bien être leur dernier message avant de partir vers un ciel incertain.

Même la mer ne protège pas de tout
Plus lentement bien sûr, mais l’illogisme de notre société finit toujours par nous rejoindre, surtout quand nous arrivons à bon port. La logique semble avoir foutu le camp. Comme le dit autrement Michel Baudry dans une chronique du journal, les pitbulls font pitié et c’est la faute des enfants, des petits chiens ou des adultes que se sont fait mordre. Richard Bain voulait tuer le plus de « séparatistes » possible, mais ce n’est pas de sa faute, il était sur les antidépresseurs… à cause des maudits séparatistes peut-être. Un de nos meilleurs défenseurs de la LNH devient une image positive auprès de toute une jeunesse de sportifs et on trouve le moyen de l’échanger pour un joueur incertain. Notre gouvernement se découvre un surplus budgétaire de 1,7 milliard de dollars et personne n’est foutu de vider les urgences et on coupe dans les chambres disponibles dans les hôpitaux. On est capable de trouver un Pokémon dans les vestiges d’un camp de concentration de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, mais on n’est pas foutu de détecter un débile qui veut tuer au nom de Dieu. Un individu qui se prend pour un humoriste insulte un individu dans son intégrité corporelle et ri de son handicap tout en souhaitant sa mort puis ses fidèles pleurent sur sa condamnation alors qu’ils ne savent pas distinguer entre rire d’une institution publique et rire d’une personne et surtout rire de ses faiblesses. Les « bullies » dans les cours d’école ont maintenant un maître. Pire, il accumule 5 M$ sur le dos de cette personne et il y a des illuminés qui ont le culot de lui organiser une cueillette pour payer ses avocats alors que les organismes de soins aux plus démunis peinent à ramasser quelques sous.

Défendre la liberté d’expression est un devoir de citoyen. Défendre la veuve et l’orphelin en est un autre et il ne faut surtout pas se servir de ces devoirs pour défendre l’indéfendable. Voilà, je l’ai dit… je l’avais sur le cœur depuis longtemps.

Vite, LE FORBAN, que je te mette à l’eau. J’ai envie de prendre l’air et laisser se gonfler ta voilure. 

Georges Gaudet