dimanche 11 août 2013

Pas nécessairement peintre, mais illustrateur… peut-être!

 

Je ne me suis jamais considéré comme un artiste peintre, mais plutôt comme un illustrateur. Depuis nombre d’années, j’ai réalisé plusieurs travaux dont je partage avec vous quelques tableaux. Ils sont ceux que j’aime le plus, même s’il y en a d’autres. Pour la plupart, c’était des commandes et ils ne sont plus en ma possession. Bonne observation. GG

Croquis moi et dorisLogo des Éditions Azéliepc 7 - Copiecpt medessin 1978(1)dessin-1978Hâvre de paixmarines 18marines 8Mary Jane Morrisson              nu...simplementP1250041(i)P1250052P1250061P1300050P4080007PC020137 (i)Portefolio 1Portefolio 2Portefolio 5portefolio 7Portefolio 9Portefolio 10rue St-André 2

Pour une carte de Noël

Portefolio 12

Sur le mur d’une chambre d’enfants

Et voilà.

Bonne semaine à toutes et à tous.

GG

dimanche 4 août 2013

Comme les humains, il y a des bateaux qui ne savent pas mourir

Un vénérable est mort

LC 1 Credit photo : Élie Forte

Il était l’un des derniers de ces chalutiers bien spéciaux qui ont sillonné les eaux du golfe Saint-Laurent et ailleurs au large, surtout pendant les années soixante et jusqu’aux années quatre-vingt-dix. Quelques-uns comme le LADY CENTENNIAL avaient résisté à l’usure du travail et l’usure du temps. Véritable petit chevalier des mers, non seulement était-il mené par un bon équipage, il était beau et comme les vieux disaient : « Si un bateau est beau, il y a des chances qu’il navigue bien ». Telles étaient les qualités de ces premiers chalutiers d’à peine plus de 60 pieds de long. Résilients, bien construits, véritables chevaux de traits de la pêche semi-hauturière, ils furent construits tant aux chantiers de Lévis qu’à Gaspé, dans les maritimes et à Gloucester dans l’état du Maine. L’histoire maritime retiendra de ces unités de pêche comme des navires fiables, capables de résister aux pires intempéries et sans contredit, adoptés par des équipages presque amoureux de leur navire. Il en reste encore quelques-uns qui naviguent toujours dans les eaux souvent difficiles du golfe, mais la semaine dernière, sur le sol aride, de nostalgiques madelinots assistaient à la fin d’un de ces braves petits vaisseaux des grandes mers. Sous les coups de la pelle mécanique disparaissait le LADY CENTENNIAL après une longue carrière au service de ceux qui l’ont navigué un peu partout dans l’est du Canada. Mon père disait que les bateaux avaient une âme et qu’ils ne savaient pas mourir. En voyant la coque éventrée de cette noble « Lady », je me suis dit : « Comme il avait raison » et pourtant, quelle belle fin, sans accident majeur, sans perte de vie.

Un nouveau bateau remplacera ce chalutier d’une autre époque. Ainsi va la vie diront certains, mais pour qui a navigué sur ces chalutiers d’antan, l’oubli sera certainement difficile.

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Photo : Georges Gaudet

Le LADY CENTENNIAL en des temps plus glorieux.

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Toile souvenir (aquarelle que j’ai réalisée dans les années 90).

dimanche 28 juillet 2013

LA MER ME BOULEVERSE

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Elle est là, omniprésente, partout, surtout depuis que je travaille sur un navire depuis les Îles de la Madeleine jusque Montréal. Il faut vivre sur un bateau pour constater à quel point elle fait partie de notre vie. Dans les faits, elle est… la vie. Comment alors ne pas la remarquer?

Belle ou furieuse, indomptable maîtresse comme on l’a souvent appelée, charmeuse parfois, souvent imprévisible, Ulysse avait raison de se méfier de ses sirènes, mais ô combien elles pouvaient être attirantes.

IMG_8684Au bastingage du navire, je n’ai de cesse que de la regarder, toujours charmé, toujours inquiet, toujours ébloui par tant de vie, tant de beauté, tant de surprises. Comment peut-on vouloir explorer la Lune et toutes les planètes qui nous entourent et toujours méconnaître tout ce monde marin, ce monde sous-marin qui occupe plus des deux tiers de notre vaisseau spatial, ce monde dont notre vie dépend directement. Il coule en nos veines, sucré ou salé, les deux à la fois. Il fait partie de nous, il est en nous, dans chacune de nos cellules. Il les nourrit, les soigne ou les rend malades quand on l’empoisonne.

Accoudé au bastingage, une chanson de Jean Gabin me revient sans cesse en tête. Nous ne savons rien de notre univers, nous ne savons rien et prétendons tout savoir. En réalité, je réalise que je ne sais rien… et pourtant, c’est si beau!

Paroles de la chanson « Je sais » de Jean Gabin, lues devant un auditoire en vacances sur mon navire, euh pardon!... Sur le navire à bord duquel je bourlingue avec grand bonheur.

Quand j´étais gosse, haut comme trois pommes
J´parlais bien fort pour être un homme
J´disais : je sais, je sais, je sais, je sais
C´était l´début, c´était l´printemps
Mais quand j´ai eu mes dix-huit ans
J´ai dit : je sais, ça y est, cette fois, je sais
Et aujourd´hui, les jours où je m´retourne
J´regarde la Terre où j´ai quand même fait les cent pas
Et je n´sais toujours pas comment elle tourne!
Vers vingt-cinq ans, j´savais tout : l´amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l´amour! J´en avais fait tout l´tour!
Mais heureusement, comme les copains, je n’avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j´ai encore appris.
C´que j´ai appris, ça tient en trois, quatre mots :
Le jour où quelqu´un vous aime, il fait très beau
J´peux pas mieux dire : il fait très beau!
C´est encore ce qui m´étonne dans la vie
Moi qui suis à l´automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse!
Toute ma jeunesse, j´ai voulu dire "je sais"
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j´savais
Il y a soixante coups qui ont sonné à l´horloge
J´suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j´m´interroge :
Maintenant je sais, je sais qu´on n´sait jamais!
La vie, l´amour, l´argent, les amis et les roses
On n´sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C´est tout c´que j´sais! Mais ça, j´le sais!

IMG_8404*Bonne semaine à vous toutes et tous.

GG

* Les photos sont de Dominique Damien et de moi-même.

dimanche 21 juillet 2013

Pas le bonheur total, mais presque

Pas le bonheur total, mais presque

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Voyager sur le CTMA VACANCIER entre les Îles de la Madeleine et Montréal pendant trois semaines et avoir comme travail l’obligation de prononcer des conférences sur l’histoire des Îles, l’histoire des navires dans le golfe saint - Laurent et présenter un documentaire sur un naufrage « oublié », il y a comme quelqu’un dirait : « Pire que ça dans la vie. » Voilà donc ce que je souhaite partager avec vous, lectrices et lecteurs de ce blogue, le tout assaisonné de quelques photos agrémentant ce court récit. Et puis, mille excuses pour ne pas avoir publié depuis deux semaines. Il y a des choses dans la vie qui s’arrangent toujours pour vous faire oublier vos propres promesses. Je vous en demande pardon.

P7110112Ce n’est pas tous les jours que nous, les passionnés de navigation, pouvons observer de si près un tel mastodonte si proche de nous, sans nous sentir terriblement en danger. En effet, allant plus vite que ce porte-conteneurs, le OOCL BELGIUM, notre bateau ne faisait que passer sur l’avant de ce dernier un peu comme une voiture se ramène sur la droite après un dépassement… wow!!!

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Une fois à Québec, petit bonheur jamais vécu. Picolo m’invite à tourner la manivelle de sa boîte à musique. Plus intéressant encore, il l’ouvre pour moi afin de me montrer comment le mécanisme fonctionne. Véritable petit ancêtre du système binaire en informatique, il s’agit de feuilles perforées juste au bon endroit afin de laisser passer l’air au moyen d’un soufflet pour que ce dernier produise la bonne note. Simple, génial et complexe tout en même temps.

IMG_8614 BPas loin d’une trombe d’eau, l’équivalent d’une tornade sur terre. Après être passés tout un après-midi sous un soleil de plomb, roulé plus de 30 km à bicyclette sur la piste cyclable du canal Lachine, voilà que soudainement, lors de notre départ, une minitornade s’abat sur le VACANCIER et tout ce qui se trouve sur le fleuve aux alentours. Les chaises volent de partout et les passagers sur les ponts en sont quittes pour une bonne frousse tout en s’engouffrant à l’intérieur des corridors et des divers salons du navire.

IMG_8619 BIl pleut tellement que malgré un vent d’enfer, la pluie aplatit les vagues comme une immense main brassant l’eau dans une baignoire. Il fait sombre et des torrents d’eau coulent sur les ponts.

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À peine quelques minutes plus tard, le ciel tourmenté se dégage, la lumière revient, la chaleur aussi, mais en mieux. Les ponts sèchent, les passagers retournent à leurs occupations, leurs lectures, leurs palabres. Ils auront bien quelque chose à raconter et ce n’est que le début de la croisière.

IMAG0450 BMoment bien émouvant lors de notre arrivée aux Îles. Au large de l’Île d’Entrée, le VACANCIER rencontre le MADELEINE. Cela fait cent fois que j’arrive aux Îles par bateau et je ne m’habitue toujours pas. Chaque fois, l’émotion m’envahit, un bonheur intense que je n’arrive pas à expliquer amène quelques larmes aux yeux. Je trouve ça débile, mais je ne cherche pas d’explications. Je laisse le bonheur s’installer, c’est tout.

IMAG0453-1 BIl est beau ce bâtiment. Comme deux frères, le VACANCIER et le MADELEINE se saluent à coup de cornes sonores qui traduisent bien la fierté des gens qui habitent ces deux vaisseaux.

Bonne semaine à toutes et à tous.

*Les photos sont toutes de Dominique Damien et moi-même.

dimanche 7 juillet 2013

Entre l’eau et le feu

Québec brûleLe Québec brûle, explose et se fait voler de toutes parts. Je me demande si, par laxisme, incompétence, esprit mercantile ou terrorisme, quelqu’un, quelque part, ne souhaite pas voir ce pays s’effondrer.

Mon coeur pleure avec les victimes et surtout avec les familles de ces malheureux. Puissent-elles trouver réconfort dans l’amitié que leurs prochains leur portent et dans une justice qui leur fournira au moins, un sens et qui sait peut-être, une explication à tout ça.

 

Une bouteille à la mer

Ni naufragé ni désespéré sur une Île déserte, quoiqu’il y aurait matière à lancer un message encapsulé en plein centre de l’univers galactique si l’on considère l’état de notre pauvre planète actuelle; mes pensées errent au fil de l’eau, probablement juste à la hauteur des ailes de ce fou de bassan qui suit le bateau depuis plus d’un quart d’heure.

Bien sûr je ne l’ai pas jetée à la mer cette bouteille, puisque cela est interdit par les normes antipollution sur les navires. Certains me trouveront un peu trop respectueux de l’environnement, mais imaginez quelle pollution additionnelle cela causerait sur les rives et au fond de notre pauvre fleuve Saint-Laurent s’il fallait que 300 à 800 croisiéristes jettent, chaque voyage, une bouteille à la mer.

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Eh bien non! Je suis sur le pont arrière du CTMA VACANCIER et dans son sillage rapetisse bien lentement la silhouette du Rocher Percé. Rocher mythique dont la seule qualité fut d’avoir un trou. Loin de ridiculiser cet aspect de la nature, j’avoue trouver cela plutôt génial. La nature nous donne de ces leçons parfois. Quel humain aurait pu imaginer, voir bâtir une falaise aussi escarpée qui à l’air d’un navire s’avançant vers l’océan et avec de surcroit, un trou dans sa coque. Personne bien sûr et pourtant, ce trou, ce rocher avec son trou, de par sa particularité et sa beauté, aura fait vivre des centaines de personnes qui en ont tiré profit depuis plus d’un siècle. Voilà, je vous ai averti. Alors que mes pensées tombaient lentement dans le sillage des hélices du bateau, je me suis pris à imaginer le texte que j’aurais inséré dans une bouteille à la mer. Une bouteille en verre, pas une bouteille de plastique qui aurait encore ajouté à la saleté de la planète, mais une bouteille véritable dont le manuscrit à l’intérieur aurait pu dire à peu près ceci :

Cher ami humain.

J’ose espérer que plus de cent années sont passées depuis le jour où j’ai glissé ce message dans une bouteille. Peut-être ne pourras-tu pas le lire parce que mon langage aura disparu. Peut-être es-tu un robot doté d’une mémoire de traduction, alors là, je te salue et te prie de porter ce message à ton maître. En toute franchise, j’ose croire que c’est toujours un être humain qui est ton maître.

Alors, voici! Nous sommes le 6 juillet en l’an 2013. Je navigue en plein milieu d’un endroit qu’on appelle le golfe St-Laurent. L’avenir m’inspire et m’inquiète en même temps. Je l’aime ce fleuve majestueux qui se transforme en une mer à perte de vue. Une mer bleue, presque vierge malgré tous les polluants qu’on y a jetés sur ses profondeurs, une mer comme le ciel ou j’espère m’y rendre un jour, une mer qui enveloppe de bonheur ceux et celles qui y croient.

Ton univers doit être certainement différent du mien. Tu as peut-être des poumons en acier, des jambes en alliage, des bras puissants en kevlar ou autre produit encore plus moderne. Ton habitat est probablement fait d’immenses tours de plusieurs centaines d’étages et tu voyages entre la terre et les planètes aussi facilement que moi, en ce moment, je voyage entre mes Îles et la terre ferme la plus proche. Et si c’est le contraire de tout ça et que tu habites une caverne et tente de défricher ce langage, je prie pour qu’il te soit resté une valeur qui existe toujours ici en ce siècle, même si elle se fait parfois de plus en plus rare. Cette valeur, nous l’appelons amour et c’est bien difficile à expliquer. Malheureusement, nos robots actuels ne sont jamais arrivés à la définir, mais j’ose espérer que malgré ton corps qui est sans aucun doute différent du mien, il te reste un cœur. Un cœur peut-être fait de pixels et de mégabites, mais un cœur tout de même, un cœur toujours capable d’aimer.

Voilà, c’est le message que je souhaite te transmettre dans cette bouteille à la mer. Un message éternel, un cadeau éternel que je te souhaite de déchiffrer. Tu y trouveras sans doute un effet secondaire, mais je te rassure tout de suite, ce n’est absolument pas désagréable ni dangereux. Ici, en 2013, sur cette terre, nous appelons ça… le bonheur.

GG

dimanche 30 juin 2013

Un nouveau né en littérature

Une invitation

Terminal1Lundi le 8 juillet, lors d’un 5 à 7 au nouveau Terminal croisières sur le quai de Cap-aux-Meules, Dominique Damien et moi-même invitons toute la population des Îles au lancement de notre roman «UN CADAVRE DANS LE CHALUT» publié aux Éditions AZÉLIE.

Nouvelle couverture (titre) mars 2013* Alors que le calme règne depuis longtemps aux Îles-de-la-Madeleine, Charles Dubreuil, pêcheur professionnel, remonte dans sa drague à pétoncles quelque chose qui ressemble à un corps. La chef de police, Alice Grandmaison, est appelée au quai de Havre-Aubert afin de déterminer s’il y a matière à enquête. Quelle ne fut pas sa surprise de voir déjà sur les lieux, le journaliste Robert Jomphe en pleine discussion avec le capitaine du bateau!

Ces deux personnages qui se haïssent autant qu’ils se supportent se lancent dans une enquête parallèle afin de résoudre cette affaire.

Plusieurs questions se posent. Comment une personne s’est-elle retrouvée dans une drague à pétoncles? D’où venait-elle? Quel pourrait être le mobile de ce meurtre? Et surtout, pourquoi aux Îles-de-la-Madeleine?

Ce roman policier tiendra en haleine les lectrices et lecteurs tout au long de ses pages. Plein de découvertes, d’enquêtes, de révélations et de rebondissements, les auteurs ont créé une histoire fictive que les amoureux de romans d’aventures apprécieront avec délices, le tout campé dans le décor unique des Îles de la Madeleine.

Dominique photo b

Les auteurs: Dominique Damien et Georges Gaudet

Logo des Éditions AzélieLogo des Éditions Azélie

L’aboutissement d’un rêve

Je devrais dire, l’aboutissement de deux rêves, puisqu’il s’agit à la fois du lancement d’une entreprise qu’on appelle une maison d’édition et le lancement d’un premier roman issu de cette même maison d’édition.

Cela faisait deux années qu’on y travaillait ma compagne et moi. D'abord, rédiger un manuscrit où l’action se passe aux Îles et bien sûr, choisir le sujet d’abord et ensuite, le contenu. À cela, nous y avons ajouté quelques difficultés supplémentaires. Nous avons écrit un roman policier, ce qui implique une intrigue, puis un mobile criminel, un processus d’enquête et finalement une conclusion. Si je dis nous, c’est parce qu’en plus des difficultés inhérentes à la rédaction d’un manuscrit, nous avons choisi de le rédiger ensemble, c'est-à-dire ordinateur contre ordinateur, dans chacun notre personnage respectif et sans objectif précis sauf les grandes lignes d’une idée maîtresse. C’est ainsi que pendant deux années, nous avons plongé dans l’univers de personnages complètement différents de nos vies réelles et que nous avons réalisé ce que nous appelons un roman à quatre mains. Parfois ensemble ou séparément, nos deux personnages principaux se sont rencontrés, parfois affrontés et même querellés sur le parcours difficile des relations humaines et des obligations professionnelles. Quant à l’action toujours présente dans cet univers totalement fictif, nous l’avons souhaitée constamment omniprésente, captivante et surtout intéressante. Maintenir le rythme d’une rédaction solitaire est déjà tout un défi, imaginez celui d’en faire autant à deux cerveaux et quatre mains. Enfin, le jour est arrivé où un manuscrit de plusieurs centaines de pages est devenu je dirais presque, notre bébé. Aujourd’hui, il est devenu un roman policier de 308 pages portant le titre de «UN CADAVRE DANS LE CHALUT ».

Le deuxième rêve

Tout aussi important que le premier, c’était celui de fonder notre propre entreprise d’édition. Oh rien de grandiose, mais une maison d’édition qui allait nous ressembler, c'est-à-dire à visage humain et sans prétention. Mis à part l’idée qu’on est jamais si bien servi que par soi-même, notre réalisme nous a forcés à travailler très fort sur les orientations générales de cette nouvelle maison d’édition, ceci mit à part toutes les obligations comptables et d’assimilation de logiciels d’édition que cela pouvait impliquer. Enfin, cette maison d’édition s’appelle maintenant «LES ÉDITIONS AZÉLIE». Pourquoi Azélie? –parce qu’il s’agit d’une femme qui a réellement vécue il y a cinq générations de ça, ici aux Îles de la Madeleine. Il s’agit d’une arrière-arrière grand-mère maternelle, qui comme beaucoup de femmes de son époque, aurait mérité un sort bien différent que celui que la société de son temps lui a fait. En relevant son nom, nous souhaitons du même coup que son âme féminine et douce transpire dans nos objectifs de jeune entreprise tout autant qu’auprès des imprimeurs avec lesquels nous devrons négocier après chaque manuscrit. Avec les mois, peut-être les années, nous souhaitons pouvoir partager nos expériences acquises et aider des jeunes de tout âge à réaliser leurs rêves d’écriture, que ce soit en petits tirages ou dans des perspectives en accord avec l’évolution d’un monde littéraire actuellement en grande mutation.

Quand des auteurs écrivent un roman policier, ils doivent camper leurs personnages dans des lieux bien choisis. Comme nous souhaitions que l’action se déroule aux Îles de la Madeleine, nous avons identifiés des endroits publics incontournables et cela nous a attiré par la suite, sans que nous les ayons sollicités à l’avance, une généreuse participation de bienfaiteurs que nous tenons à remercier chaleureusement. En voici les noms: Le Barbocheux, CTMA, Les fleurs d’Emmanuelle, GEMINI, Gestions P.Chevarie Inc. (Tim Hortons – Subway – A&W), l’hebdomadaire LE RADAR et CFIM qui, avec confiance, nous ont permis de réaliser ce rêve de publication.

Au plaisir de vous rencontrer toutes et tous, lectrices et lecteurs, le 8 juillet prochain au Terminal Croisières.

GG et DD

dimanche 23 juin 2013

Une histoire de bateaux

L’été est maintenant là, même si parfois dame nature nous fait douter que ce soit vrai. Quoi qu'il en soit, j’ai décidé cette semaine de partager avec vous quelques histoires de bateaux, le tout agrémenté de photos.
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Photo: Georges Gaudet

Les promeneurs sur le quai de Cap-aux-Meules l’auront certainement remarqué. Ce beau trois-mâts était amarré au quai des pétroliers au cours de la semaine passée. Il s’agissait du Rara Avis, un dériveur, oui, oui, un dériveur avec quilles amovibles, entièrement construit en acier, maintenant propriété en France de l’AJD (l’Aumônerie de la Jeunesse Délinquante), un organisme dont le fondateur est le Père Jésuite, Michel Jaouen.
Le Rara Avis est un voilier trois mâts en acier, d’une longueur de 38 m (125 pieds) construit en 1957 comme yacht personnel et donné à l’AJD en 1974. Il fut entièrement rénové entre 1999 et 2002. Manœuvré par un équipage permanent de 9 personnes, il peut prendre à son bord en plus de l’équipage régulier, 28 personnes qu’on appelle stagiaires et non passagers, car ces derniers font partie de la bonne marche du navire. Le Rara est le dernier ajout majeur de la flotte de l’AJD, cet organisme qui compte huit autres bateaux, tous donnés à cette institution. Il faut cependant noter que ces dons sont habituellement des unités plus petites et nécessitant des réparations majeures, mais toutefois réalisables. Dans les faits, toute la flottille de l’AJD va de la baleinière jusqu’aux deux porte-étendards, soit le Bel Espoir et le Rara Avis.
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Photo: Georges Gaudet

Le drapeau breton flotte fièrement au-dessus du drapeau français, signe évident de la fierté bretonne qui se manifeste jusqu’en haut des mâts de ce beau navire.

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Photo: Georges Gaudet

La garde-robe de voiles est plutôt impressionnante. Ici, uniquement à l’avant, un foc bômé, un génois et une trinquette.
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Photo: Georges Gaudet

Malgré sa coque métallique, le Rara Avis est tout de boiseries à partir de son pont supérieur et tout l’intérieur des cabines. J’ai eu le privilège de visiter ce bateau et pour qui aime plonger dans l’histoire de la navigation à voile, l’atmosphère y est comme dans un film, mais en mieux. L’odeur du bois, du vernis, des cordages, de la cantine, même celle de la présence humaine y sont toutes omniprésentes. Cela sent la vie maritime à plein nez et non pas le grand luxe de ces hôtels flottants avec balcons et vue sur la mer à quelque 10 étages de haut et plus encore. Ici, le luxe est la camaraderie et son ingrédient majeur s’appelle aventure et défi.
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Le Rara Avis (Photo: Site internet: www.belespoir.com)

 Bel Espoir

Le Bel Espoir (Photo: Site internet: www.belespoir.com) 

Le Bel Espoir tout comme le Rara Avis est aussi un trois-mâts qui a passé plusieurs séjours aux Îles au cours des dernières années. Il est d’ailleurs le premier navire majeur de la flotte du Père Jaouen. Entièrement construit en bois, il prit naissance dans un chantier du Danemark en 1944 dans le but d’en faire un transporteur de bétail. Donné à l’AJD en 1968, il fit l’objet d’une complète restauration en 1993. Sensiblement de la même grandeur que le Rara Avis, soit 38,5 m, il s’agit toutefois d’un voilier à quille profonde qui tout comme son confrère des mers, navigue avec un équipage permanent de 9 membres et 27 stagiaires.
Mais qui est le Père Michel Jaouen
Il est né à Ouessant en 1920 et a grandi à Kerlouan dans le Finistère. Fils de médecin, il entre chez les Jésuites à 19 ans et pendant la guerre, il tente de fuir en Angleterre par la mer, mais n’y parvient pas à cause d’une panne de moteur. Ordonné prêtre en 1951, il devient aumônier à Fresnes et plus tard, construit le Foyer des Épinettes à Paris, pour accueillir ceux qui sortent de prison. Convaincu que c’est avec le mélange des gens que l’intégration sociale devient possible, son cheminement l’amène à créer l’AJD, l’Aumônerie de la jeunesse délinquante. Cela l’amène à naviguer sur le Bel Espoir avec ceux qui sortent de prison et des délinquants enrôlés en équipage. Là bas, sur l’océan, tous doivent être solidaires, car autrement, c’est la possibilité de finir sa vie dans la flotte. Détestant les ghettos et les vases clos, ce jésuite ouvre les horizons à une quantité de gens qui ont formé des couples, des familles et appris un métier qui les fait vivre.
Aujourd’hui, point besoin de sortir de prison pour naviguer sur les bateaux du Père Jaouen. Une lettre de motivation est ce qu’il y a de plus important et un déboursé pour le genre de croisière souhaité suffisent quand il reste de la place à bord. L’œuvre de Jaouen demeure, mais elle est ouverte à tous, comme l’a toujours souhaité son fondateur. «Le mélange, le mélange, j’te dirais qu’il n’y a que ça qui marche » dit ce jésuite qui a fêté ses 60 ans de prêtrise et aimerait compter les couples qui se sont formés à son bord, mais n’y parvient toujours pas. On le dit de stature d’athlète et d’apparence de prince ou de clochard, dépendamment du moment. Et qui paraît qu’il n’a aucun besoin de micro pour se faire entendre, même en pleine tempête.
Au-delà de l’image d’un personnage plus grand que nature, l’école du Père Jaouen forme des jeunes à différentes disciplines qui n’ont rien de cours faciles. En voici quelques exemples. Mécanique marine, matériaux composites, menuiserie et agencement, charpente, soudure, chaudronnerie, électricité, voilerie de même que formation maritime OCQM, mécanicien 750 Kwa, brevet capitaine 200 voile, certificat d’initiation nautique et certificat d’initiation pêche. Décidément, si toutes les communautés maritimes avaient un Père Jaouen dans leur «bord de côtes», les quais seraient probablement trop petits pour accueillir toute la flotte maritime madelinienne et probablement la québécoise incluse.
Une autre mise en chantier
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Photo: Dominique Damien

Tout comme une véritable mise en chantier. Le carénage commence.
Celle-là, elle tient plus de la passion pour le modélisme maritime que de la formation en mer. Les Îles de la Madeleine sont pour qui y habite depuis la naissance, un peu comme un navire ancré au large de la grande terre. Est-ce pour cela que les bateaux font partie de l’univers de la plupart d’entre nous? Probablement! Toujours est-il qu’une grande opération de carénage fut entreprise dans mon domicile afin de remettre en beauté deux jolies goélettes de 6 pieds de long chacune et qui, je le souhaite, feront les délices des amateurs de voile et d’histoire de la navigation autour des Îles au cours des derniers siècles. Ces deux maquettes, bâties par mon père à l’âge de 79 et 82 ans, seront désormais pour une période indéterminée, exposées dans le grand hall du terminal croisières situé dans l’ancien hangar sur le quai de Cap-aux-Meules. Il s’agit d’une réplique de mémoire de la « Sarah Pauline » construite en 1924 à Tancook, NE et enregistrée à Canso dans la même province. Cette goélette mesurait 60 pieds et déplaçait 37 tonneaux. Propriété de Percy Atkinson, elle coula entre les Îles et Souris en 1934 sans qu’il y ait perte de vie, alors qu’elle venait des Îles avec une livraison de marchandises destinées à Souris.
L’autre maquette est la « Grace L MacKinnon » construite à Ingonish Ferry, toujours en NE, enregistrée à Sydney, dans la même province. Elle fut la propriété de mon père de 1948 à 1952 alors qu’avec ses frères, il fit la pêche, mais surtout du cabotage entre les Îles et les maritimes, transportant du bois, du vieux fer, des pommes de terre et tout ce qui était nécessaire au commerce sur les Îles à cette époque. Cette goélette mesurait 56 pieds et déplaçait 29 tonneaux.
Témoins d’une autre époque comme bien d’autres goélettes qui furent plus célèbres dans le transport des marchandises entre les Îles et les maritimes, ce fut pour l’auteur de cette chronique, comme un plongeon dans le passé alors qu’il entreprit de refaire la mise à niveau de ces deux rappels d’un passé pas si lointain que les générations actuelles devraient connaître.

GG




















samedi 15 juin 2013

À mon père en cette Fête des Pères.

Bonne fête papa

En cette fête des Pères, je veux te rendre hommage pour tout ce que tu as été pour moi tout au long de ma vie.

D’abord, je tiens à le rappeler à tous les lecteurs de ce blogue. Comme beaucoup d’enfants qui ont eu le privilège d’avoir connu un bon père, tu as été mon héros tout au long de mon enfance, mon guide et mon protecteur, même après que j’eus quitté le nid familial.

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Vétéran de guerre, marin de la marine marchande, j’ai été fier d’aller chercher ces médailles que tu avais tant méritées.

sur MacKinnonPapa-toileLes bateaux étaient ton univers et presque jusqu’à ton dernier souffle, tu as bâti des goélettes, des navires que tu trouvais beaux et presque invincibles si mené par de bons marins. La goélette que tu as eue aura été la plus belle partie de ta vie de capitaine, malgré les énormes difficultés financières qu’elle t’aura apportées.

Premier voilierTu m’as appris la passion de la voile avec ce premier voilier, bâti à partir d’un vieux bateau hors-bord sur lequel tu avais ajouté une quille longue, un gouvernail artisanal, un mât pris d’un arbre dans le bois de la montagne, des haubans faits de corde à linge et des voiles faites de sacs de farine que maman avait patiemment cousus.

doris et moiTu m’as enseigné la connaissance des qualités marines du doris, ce concept d’embarcation si simple et si efficace en mer.

papa & g 3  papa & g 10Tu n’as jamais cessé de naviguer dans ta tête, même à un âge où tu ne le pouvais plus physiquement.

papa 1S’il existe un paradis quelque part en cet univers, je sais que tu y es. Les bateaux y sont beaux, racés, les voiles sont blanches, les étraves sont fines, le vent se fait complice et un merveilleux et beau capitaine en tient la barre. Et ce capitaine, c’est toi, mon père, mon héros.

Bonne fête papa. Je t’aime.

dimanche 9 juin 2013

Les Éditions Azélie

Logo original

Notre logo, création: Georges Gaudet

C’est le nom de notre toute nouvelle maison d’édition.
Le monde de l’écriture et particulièrement celui de la publication d’œuvres littéraires, qu’elles soient populaires ou spécialisées, est en pleine mutation. Des livres numériques, des entreprises virtuelles de marketing, des librairies et bibliothèques accessibles à tous, poussent comme autant de jardins colorés et différents dans un monde nouveau de créateurs, de lecteurs et de diffuseurs. Il fut un temps où la possibilité d’être publié pour un auteur ne dépendait pas uniquement de son talent. Cette possibilité d’être publié dépendait surtout des contacts entretenus avec certains éditeurs connus ou plus encore, du niveau de popularité médiatique capable d’assurer une rentabilité parfois éphémère, mais assurée et immédiate. Heureusement, ce temps est révolu. Voilà pourquoi, Dominique et moi avons fondé tout récemment notre propre maison d’édition. Nous croyons sincèrement que pour tous les bons auteurs, le temps est venu où la perspective de publier ne sera plus un rêve, mais une possible réalité en devenir. C’est avec cette conviction que nous publierons tout prochainement un premier roman écrit à quatre mains, en coauteurs, sous le titre « Un cadavre dans le chalut » et sous le nom de notre toute nouvelle maison d’édition, Les Éditions Azélie.
Une vision d’avenir
Dominique a déjà trois romans policiers publiés en d’autres maisons d’édition et trois manuscrits en dormance qui n’attendent qu’un petit peaufinage avant publication. Quant à moi, l’auteur de ce blogue, j’ai en attente la réédition d’une nouvelle publiée en 2002 en plus d’une carrière professionnelle comme journaliste et chroniqueur. Va pour les présentations, là n’est pas le but de cet écrit. Au cours des mois, peut-être des années à venir, nous avons la ferme intention de publier d’autres titres, mais pas nécessairement d’un seul style. Qui plus est, nous offrirons notre expertise et notre expérience à d’autres auteurs potentiels qui voudront bien faire équipe avec nous afin de publier dans ce qui deviendra, nous l’espérons, les collections des Éditions Azélie.
Qui était Azélie?
Azélie, que tous appelaient Zélia, était une toute jeune fille d’à peine 16 ans qui habitait Havre-aux-Maisons, il y a de cela presque deux siècles. Un jour, alors que je voulus en savoir plus long sur la raison pourquoi ma grand-mère maternelle fermait toutes les portes et fenêtres de sa maison chaque fois qu’elle entendait le mot « Américains », je me rendis chez le meilleur conteur connu de notre village. Quelle ne fut pas ma surprise quand il me montra une collection originale de tous les registres paroissiaux et une collection des procès-verbaux des commissaires d’école de cette époque. PC160010Il faut préciser ici que du temps d’Azélie, les goélettes américaines faisaient la pluie et le beau temps autour des Îles de la Madeleine, bénéficiant d’une permission de pêche partout dans le golfe Saint-Laurent de par le traité de Versailles signé en France en 1783. Évidemment, dans la réalité de tous les jours, quand plus d’une centaine de goélettes ancraient dans la baie de Plaisance chaque printemps pour y acheter hareng et victuailles des pêcheurs côtiers et marchands de la place, cela donnait lieu à certaines libations portant à conséquences graves. Disons qu’en résumé, le dieu Bacchus s’en mettait parfois plein le cerveau de spiritueux.
C’est ainsi que je lus un texte du curé d’alors où il y avait écrit que la pauvre Azélie « s’était fait prendre » derrière les buttes de la Pointe-Basse par un marin de passage.» Point besoin d’être un historien pour comprendre que dans le langage de l’époque, cela voulait dire qu’elle s’était fait violer. Par la suite, la pauvre Azélie mit au monde un garçon, baptisé du nom de Jean et qualifié au registre de baptême de « bâtard ». Évidemment, avec une telle tare du ciel sur la tête, le fils Jean, que tous appelaient « le grand Jean » eût bien de la misère a trouver épouse, même si de l’avis du curé, il était un des plus beaux hommes et des plus forts de la paroisse. C’est d’ailleurs pour l’empêcher de commettre le grave péché d’impureté que ce même curé usa de son influence pour forcer la main des parents d’une amoureuse afin que ces deux jeunes convolent en justes noces. Pour le curé, c’était une histoire close, mais hélas, certainement pas pour la pauvre Azélie. Quand elle mourut, le curé a écrit dans le registre paroissial : « Et pour expier son péché, elle ne se maria point et porta le noir toute sa vie. »
Plus tard, le grand Jean eût des enfants et c’est ainsi que j’appris qu’il était mon arrière-grand-père maternel, le père de ma grand-mère, celle qui fermait toutes les fenêtres de sa maison en répétant tout bas comme une prière : « Mon Dieu, les (Amaritchiens). »
Voilà pourquoi nous avons convenu Dominique et moi d’appeler notre maison d’édition, les Éditions Azélie. En ce simple geste, nous espérons que cette pauvre victime que fut mon arrière-arrière grand-mère repose en paix et qu’elle ait, de façon posthume, toute la reconnaissance et le respect qu’elle aurait dû avoir de son vivant.
Georges Gaudet