dimanche 22 février 2015

Que se passe-t-il aux Îles… (la suite)

 

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Mes Îles, mon pays

Je vous avais dit que ça allait être pour une autre chronique. Voici donc que je tiens promesse. La semaine dernière, je me suis laissé emporter par un Musée que je souhaiterais encore plus représentatif de gens qui sont nés les deux pieds dans « des bottes de rubber », plantés en très jeune âge dans le sable des platiers de la « djune », le regard sur un « trou de coques », sourire heureux sur les lèvres et en arrière plan, le « tocotoc » du « botte » à Omer à Paulette qui rentre de la pêche.

Alors, cette semaine, tout comme dans le journal local, je vous fait part de mon opinion sur le possible déménagement de la pièce historique «Mes Îles Mon Pays» vers l’île centrale et peut-être dans l’aréna de Cap-aux-Meules.

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georgesgaudet49@hotmail.com       

Que se passe-t-il à Havre-Aubert?...(suite)

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Le titre pourrait aussi être « Que se passe-t-il partout aux Îles », mais pour l’instant demeurons sur l’île de Hâvre-Aubert. Disons que le jour où l’on a annoncé le possible déménagement et la transformation de la fresque historique « Mes Îles Mon Pays » du Centre culturel de Hâvre-Aubert à l’Aréna Wendell Chiasson de Cap-aux-Meules, un certain vertige me prit par surprise. Et plus tard, quand la créatrice de ladite fresque, Mme Yolande Painchaud, s’est dite d’accord avec l’idée sur les ondes de Radio-Canada Matane, j’avoue avoir été obligé de m’assoir sur le divan le plus proche. Ensuite, après avoir écouté Mme Painchaud, j’ai cru comprendre entre les lignes de son argumentaire, cette formidable personne qui, depuis nombre d’années, porte à bout de bras une pièce théâtrale historique, qui mériterait bien mieux que le sort qu’on lui a réservé jusqu’à présent, surtout sur le plan monétaire. En résumé, une lueur d’espoir semblait s’être infiltrée dans l’avenir plutôt brumeux d’un projet qui survit année après année, mais avec peines et dettes accumulées depuis sa création.

Petit bilan émotionnel

Je suis fils de Havre-Aubert et de Havre-aux-Maisons. De Havre-Aubert, j’y ai gardé l’accent, de Havre-aux-Maisons, l’esprit combatif. À la rigolade, je me qualifie dans le rang des fiers bâtards. Tout ceci pour vous dire que mon cœur penche d’abord en ces deux lieux avant de dériver ailleurs sur toutes les autres beautés de notre archipel. Alors, vous comprendrez qu’à priori, je ne serai pas objectif dans ce qui suit. Ainsi pour avoir été participant dans une des pièces jouées au centre culturel de Havre-Aubert pendant tout un été, je ne peux me ranger à l’idée de voir cette fresque historique quitter ce village pour être transformée en imitation de « La fabuleuse » dans un aréna qui a grand besoin de rénovations sur l’île centrale de Cap-aux-Meules. L’île de Havre-Aubert, autrefois centre névralgique de toutes les Îles avec Grande-Entrée, s’est vue dépossédée de son économie tout au long de la dernière moitié du siècle dernier. Heureusement, le courage et la fierté des gens du milieu ont contribué avec l’aide du visionnaire qu’était le Père Frédéric Landry et quelques artisans comme Albert Cummings et Nicole Grégoire, à faire du site de La Grave, une réussite touristique qui fait honneur à toutes les Îles de la Madeleine. Malheureusement, le village dans son ensemble, tout comme celui de Bassin, demeurent des lieux presque à l’état comateux pendant la période hivernale, malgré toute l’énergie que déploient les résidants pour sauver l’existence de leur île. À preuve, cette belle initiative des commerçants de La Grave pendant la période de Noël et la formation du comité pour sauver le phare de l’Anse-à-la-Cabane. Hélas, il faut le constater, en hiver les maisons se vident comme autant de chalets le long des côtes de la Nouvelle-Angleterre et un esprit de résignation semble s’installer chez certains résidants, la traversée du Havre-aux-Basques vers l’île centrale étant un obstacle majeur. Comme la majeure partie des services se trouvent au centre de l’archipel et que la population vieillit de plus en plus, la question actuelle qui se pose est la suivante : « Est-ce que déplacer les activités de l’Association culturelle de Havre-Aubert vers le centre des Îles est une bonne chose pour l’île de Havre-Aubert? » — pour avoir côtoyé tout le personnel de la fresque historique Mes Îles Mon Pays pendant toute une saison et avoir été témoin du talent et de la fierté de tous ces acteurs et actrices, personnel de soutien et collaborateurs, ma réponse est NON! Bien sûr, je ne nie pas que la fresque historique a peut-être grand besoin d’un « facelift » monétaire et conceptuel important, mais de là à en détruire l’essence même pour en faire une copie ailleurs, là je ne peux m’inscrire à ce projet, si tant et si bien qu’il puisse être réalisable.

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Une photo qui parle d’elle-même

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Des affaissements entre les structures semblent apparents en de nombreux endroits.

 

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Un recouvrement extérieur qui montre des signes évidents de grande faiblesse.

Il faut le reconnaître, les arénas des Îles demeurent un problème majeur quant à leur utilisation et surtout quant à leur état structurel, celui de Cap-aux-Meules ne faisant pas exception. Malheureusement, cette construction exceptionnelle est en bois et pour qui est le moindrement observateur, il aura remarqué quelques plaques correctionnelles sur la toiture et aussi, au-dessus d’une entrée latérale, un affaissement de la toiture, donc de la structure. Évidemment, les dimensions de cet édifice pourraient être idéales pour une fresque à grand déploiement, mais n’y a-t-il que la copie d’une idée issue d’ailleurs pour sauver cet aréna? Même si cette idée qui à priori demeure tout à fait digne d’analyse, l’aréna de Cap-aux-Meules risquerait de demeurer un éléphant blanc et pour diverses raisons. D’abord, tout comme bon nombre d’établissements commerciaux de ce village, le manque de places de stationnement y serait un problème majeur. Ne dit-on pas en marketing que les trois principaux atouts d’un commerce sont le stationnement, le stationnement, et puis le stationnement? Ensuite, mis à part le formidable besoin d’adaptation d’une scène digne de ce nom et l’aménagement des sièges et la mise à niveau du sol, il faudrait aussi considérer les formidables coûts de rénovation de l’édifice même. Cette structure fut en son temps une réalisation grandiose, mais les matériaux dont est faite sa structure en font un établissement de grande valeur architecturale, mais combien difficile en réparations et surtout en coûts en ces années où, notre municipalité aurait tout intérêt à diminuer ses dépenses plutôt que de les augmenter. Que faire alors de cet aréna? N’étant pas spécialiste en la matière, je ne prétendrai pas détenir la solution magique, mais je crois qu’il serait plutôt sage d’évaluer d’abord les coûts en rénovation pour sauver cet édifice avant de penser à y introduire une quelconque activité. Ce serait certes dommage que cet immeuble disparaisse avec le temps, mais il arrive parfois que même les choses auxquelles nous tenons le plus disparaissent parce que devenues trop vieilles pour être sauvées ou recyclées en d’autres choses. Les solutions ne sont pas faciles dans un tel dossier, mais je crois sincèrement que déshabiller St-Pierre pour habiller St-Paul n’est définitivement pas la solution. Déjà que les gens de l’île de Havre-Aubert doivent se battre becs et ongles, tant à Bassin qu’au bout de La Pointe à Sauvage pour sauver ce qui reste de leur village, ne faudrait-il pas penser à trouver des solutions sur place pour chacun des dossiers plutôt que de tenter d’importer d’un endroit déjà affaibli par un contexte économique difficile et une grave baisse de population, une activité qui a toute sa place dans ce village qui fut la première paroisse des Îles de la Madeleine.

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Des souvenirs

En rédigeant cette chronique, je n’ai pu retenir une pensée pour tous ces merveilleux compagnons et compagnes, acteurs et actrices de Mes Îles Mon Pays, habitants de l’île du Havre-Aubert, et pour qui pendant tout l’été, ce merveilleux travail d’acteurs était devenu leur gagne-pain le plus important de l’année, ceci malgré le trop souvent manque de reconnaissance de certains organismes gouvernementaux. Travailleurs saisonniers ou acteurs, quelle est la différence puisque dans les deux cas, il s’est toujours agi d’un labeur qui devait chaque soir refléter avec grande passion la véritable condition insulaire de nos ancêtres, une condition difficile à comprendre pour qui habite un continent plutôt qu’une île.

Bonne semaine à toutes et à tous.

Georges Gaudet

lundi 16 février 2015

Se taire ne serait pas la solution

 

* Le Musée de la Mer des Îles de la Madeleine demeure à mon avis, depuis le départ de Feu le Père Frédéric Landry, un lieu sans âme et qui, s’il se cherche, ne semble toujours pas trouver sa véritable vocation. Pour ceux et celles qui ne lisent pas le journal local Le Radar, voici la chronique que j’y ai publiée la semaine dernière. Je crois qu’elle entre bien dans la thématique de ce blogue, soit des bateaux, des mots et des pinceaux. À ce jour, j’ai d’ailleurs reçu quelques commentaires extrêmement pertinents et encourageants quant à cet écrit que je souhaite comme un éveil de la population à l’endroit d’un lieu qui nous appartient à tous, nous Madelinots. Bonne lecture et à lundi prochain.

georgesgaudet49@hotmail.com

Que se passe-t-il à Havre-Aubert?

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La question est posée et je sais que je vais probablement m’attirer les foudres de certaines personnes. Cependant, là n’est pas le but, car s’il est des institutions qui me tiennent à cœur, ce sont bien les deux cas dont je vais tenter de vous entretenir. Mon intervention n’est donc pas envers les personnes qui travaillent dans ces institutions, mais bien, sur le sort qui attend celles-ci (les institutions), en l’occurrence Le Musée de la mer et la fresque historique Mes Îles Mon Pays, si rien n’est fait pour «regaillardir» ces deux importants centres d’attraction de l’Île du Havre-Aubert.

Le Musée de la mer

Dans l’édition du journal Le Radar du 12 au 18 décembre 2014, en page 17, une opinion libre ayant pour titre « Où est passée l’histoire maritime? » rédigée par Robert Montpetit « à Adélina à Fulgence Arseneau » soulève une question qui a mon sens est non seulement toute légitime, mais aussi réaliste qu’il est possible de l’être. En résumé, l’auteur de cette opinion pose la vraie question tout en reconnaissant à juste titre l’effort honnête investi dans ce projet par certaines personnes. Essentiellement, tout tourne peut-être autour de l’identification de la vraie vocation du musée versus le nom qu’il porte.

Petit tour d’horizon

Afin de vérifier les dires de monsieur Montpetit, je suis allé au Musée de la mer il y a quelques semaines de cela. Malheureusement, je suis de l’avis de monsieur Robert Montpetit. Ce « musée de la mer » est tout sauf un musée de la mer. Tout au plus, un musée historique, du moins sur la gauche de l’édifice, mais encore faut-il vraiment s’y attarder. Oui, l’exposition est professionnelle, la qualité et la disposition des matériaux et pièces d’exposition sont bien disposés dans une grande salle, les textes sont explicatifs sur la façon dont les Madelinots vivaient autrefois, mais encore faut-il s’y arrêter longtemps pour en découvrir le contenu. Malheureusement, le beau et coûteux plexiglas qui enveloppe chaque Île de l’ensemble de l’archipel est tellement disposé à l’horizontale qu’il est impossible par exemple de visualiser et lire le contenu au fond de la salle le long des murs. Exemple frustrant en ce qui concerne l’île de Cap-aux-Meules par exemple. Ce qui est frappant dans cette salle, c’est surtout le silence qui y règne, un silence de salon mortuaire alors qu’un véritable musée ne devrait en aucun cas être un endroit tranquille et paisible, mais un endroit bien vivant, avec des bruits de mer dans ce cas-ci, d’oiseaux aquatique, des bruits de moteurs marins de toutes époques, du vent, des claquements de cordages, des rires, des cris d’enfants, des ordres donnés à des équipages. Quant à la salle d’expositions temporaires, la présentation de bien belles maquettes demeurait intéressante, mais non représentative de la véritable histoire du patrimoine maritime des Îles de la Madeleine. L’effort était là, mais encore, pourquoi tenir cette exposition en plein mois de décembre et janvier? – et qu’est-ce qu’on nous réserve pour l’été? En est-on rendu au point où on a honte de notre histoire? – et sinon, l’a-t-on déjà oubliée? Monsieur Montpetit a raison quand il pose les questions suivantes : — où sont les précurseurs du LOVAT, du MANIC, du NORTH GASPÉ… etc. Plus encore, où sont ces Acadiens, fiers pêcheurs avec leurs méthodes de pêche, leurs « tchus pointus », leurs barques à voiles, leurs moteurs Acadia et autres? Où sont les adaptations bien madeliniennes influencées par les bords de mer des provinces maritimes, comme le « canotte à glace et les Cape Islanders? » Où sont ces anciens agrès de pêche expliqués aux « étranges »? En résumé, où sont nos héros de tous les jours, ceux et celles qui ont bâti cet archipel planté en plein golfe?

Là je sais, on va me dire que je ne suis pas un spécialiste pas plus qu’un muséologue et on aura raison. Je sais cependant ce que je souhaiterais voir dans un beau et grand Musée qui me raconte et surtout qui raconte les miens, mes ancêtres et tous ceux et celles qui ont construit cet archipel à coups de rames, de filets, de « bottes construits l’hiver dans des étables », de « trawls », de dragues, de naufrages, de fierté et de larmes. Voilà ce que je souhaiterais « sentir » en entrant dans ce Musée de la mer. Quelque chose comme une odeur de sel, de vagues, de brume, de boucane de hareng et de terre de jardin.

Lunnenburg 

Lunenburg,  Un port, un village, dont le musée est la pierre angulaire de tout l’attrait touristique de cette région.

enfants et chaloupe 

Les enfants font non seulement partie du décor, ils s’amusent et participent à toutes sortes d’activités en relation avec la mer.

Maquette 

Des maquettes

Moteur tocotoc 

Des vieux moteurs marins qui fonctionnent vraiment.

 

Doris-berceau 

Doris berceaux avec plans vendus sur place.

Bateau-musée 

Chalutier servant de musée que l’on peut visiter presque de fond en comble. Sans en souhaiter autant, pourquoi pas aux Îles, quelques bateaux de pêche, quelques voiliers disponibles pour une visite… où la Gaspésienne?

Cabine - capitaine 

Voilà à quoi ressemblait une cabine de capitaine de goélette il y a quelques générations de cela.

Regarder ailleurs

Pas spécialiste, mais des musées maritimes, des musées de la mer, j’en ai visité quelques-uns. Celui de Halifax et celui de Lunenburg en Nouvelle-Écosse, celui de Bar Harbour, de Bath et de Portland dans le Maine, celui de La Rochelle en France. Virtuellement, je suis quotidiennement en contact avec le musée maritime de Terre-Neuve à St-John’s et tous ces musées, sans exception, ont une caractéristique dominante. Ils représentent leur région, son histoire et surtout ils sont « vivants ». En plus d’y visualiser une quantité phénoménale d’agrès de pêche, de vieilles photos, de créations artistiques et surtout de modèles réduits de navires en tous genres, on y enseigne des tas de choses. On y donne des cours en construction artisanale de bateaux en bois, des cours de navigation de plaisance, des cours de weekend ou de quelques semaines. On y fait la démonstration du fonctionnement de ces premiers moteurs primitifs marins, on y enseigne comment sauver le patrimoine du milieu maritime et on y expose avec fierté les créations de tous les artisans passionnés du milieu dans lequel ils vivent. Bien sûr, il faut parler de budget, mais j’ai remarqué que la qualité de ces musées est toujours à la mesure de la fierté de l’histoire des gens qui vivent en ces milieux maritimes, beaucoup plus qu’à l’investissement requis. Souvent, on ne se contente pas d’un édifice, mais le musée se prolonge le long des quais ou sur une rive. À Lunenburg, on peut y visiter une goélette de pêche, un véritable chalutier, la construction de doris par des étudiants, visiter un chargement fictif d’une cale, l’intérieur d’une salle des machines, d’une timonerie. Parfois, même l’économie locale s’en mêle indirectement, comme ces artisans fabriquant des petits doris en berceuse pour enfants, ces doris ouverts pour servir de table de jardin et même, une véritable distillerie artisanale de spiritueux, le tout approuvé par les instances gouvernementales. En d’autres endroits, on y propose des promenades d’une heure et plus sur des antiquités bien rénovées ou l’on vous propose de mettre la main au marteau pour y placer l’étoupe sur une coque en devenir. Pas besoin alors de se payer une croisière de quelques semaines sur la BLUENOSE pour apprécier ces endroits magnifiques, vivants et représentatifs de leur milieu maritime. La Grave dans son ensemble pourrait être un lieu similaire où l’on ressentirait cette communion entre le Musée de la mer et ce superbe endroit d’enseignement et de partage de connaissances maritimes anciennes et nouvelles. Pour l’instant, cela ne semble qu’un beau gros immeuble, bien proche d’une falaise qui se dégrade à vue d’œil sur l’arrière et qui mange tout un paysage qui ne ressemble en rien ou si peu, au fantastique port de mer naturel qu’était Havre-Aubert autrefois. Bien sûr, il y a la marina, les voiliers, les bateaux de plaisance, les boutiques, les restaurants, mais il y manque ce petit quelque chose qui ferait vibrer le cœur et la fibre madelinienne de tous ceux et celles qui portent en leurs gênes, notre fantastique histoire.

Mes Îles, mon pays

Ça, ce sera peut-être pour une autre chronique. Je me suis laissé emporter par un Musée que je souhaiterais encore plus représentatif de gens qui sont nés les deux pieds dans « des bottes de rubber », plantés en très jeune âge dans le sable des platiers de la « djune », le regard sur un « trou de coques », sourire heureux sur les lèvres et en arrière plan, le « tocotoc » du « botte » à Omer à Paulette qui rentre de la pêche.

À la semaine prochaine.

GG

lundi 9 février 2015

De quatre à trois roues

 

*Cette semaine, j’avais grande envie de sortir de la politique morose actuelle et de cet hiver bien blanc, mais hélas un peu trop long à passer. Voici donc une petite chronique sur «les p’tits chars».

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Dans l’ordre: Mon premier «char», une VW Coccinelle, ma Karman Ghia, mes deux Renault 10, mes deux Renault 5 et puis ma Pontiac Firefly.

Les « p’tits chars » et moi

OUI, OUI, je l’avoue, j’ai toujours eu un faible pour les petites voitures. Ma première fut une VW coccinelle, puis ma Karman Ghia, puis mes deux Renault 10, puis mes deux Renault 5 et puis ma Pontiac Firefly. J’ai toujours aimé les petites voitures, particulièrement les Anglaises comme les MGB, MG Midget, les Spitfire, les Triumph TR-3, 4 et 6 que mon budget ne m’a jamais permis d’acquérir. Aussi, à cause de l’hiver, j’ai dû retenir mon regard de quelques belles Italiennes qui m’attiraient comme le soleil méditerranéen avec les Alfa Roméo, Fiat Spider et compagnie. Je me serais même contenté d’un beau scooter VESPA, bleu pâle ou jaune, avec roue de secours et porte-bagages à l’arrière. Encore aujourd’hui, ces scooters sont hors de prix si on les compare au reste du marché pour une puissance et un confort équivalent. Chez les Américaines, seule la Mustang aurait pu faire pencher mon cœur de conducteur et peut-être les premiers modèles de Camaro, mais là encore, je n’en suis pas certain. Alors, pour son côté pratique et nécessaire à mon travail d’éditeur et romancier qui doit transporter son butin trop souvent à son goût, je conduis une Dodge Grand Caravan. C’est bien, même que c’est très bien, mais maudit que je m’ennuie d’un beau p’tit modèle antique au charme unique et à la couleur d’une époque révolue, surtout quand j’arrête à « la pompe à gaz ».

Fiat 1

Fiat 500 antique

Alors là, une firme américaine vient de sortir quelque chose qui va bientôt entrer sur le marché et qui risque de me faire rêver encore plus. Je vous présente la ELIO et il se pourrait bien que si les fonctionnaires fédéraux et provinciaux ne se remplissent pas les poches pour la faire accepter au Canada, elle pourrait bien être à la portée du budget d’un humble retraité. Présentement, elle fait l’objet d’une campagne de réservations. Plus de 36000 personnes aux É.-U. ont déposé un montant pour l’acquérir à partir de la mi- année 2015 et sans les options, son prix de base est fixé à 6800. $ US. Donc, si on parle de certification canadienne à venir plus la valeur du dollar canadien, j’ai bien peur qu’ici en notre beau pays où l’imagination se paye en inspections des inspections, son prix se situera autour des     20000. $ et là je serai déçu.

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C’est une trois roues tout comme le SPIDER de Bombardier, mais avec un 3 cylindres placé à l’avant, juste au dessus de la traction afin de procurer une meilleure tenue de route. Entièrement recouverte et capitonnée, comportant 3 sacs gonflables et une cage de rétention d’impact de 50% supérieure aux autres petites voitures du même genre, elle peut amener son conducteur et son passager, en position tandem, à une vitesse maximale de 103 mph (165 km/h). À une vitesse de croisière normale, elle peut parcourir 80 milles avec un seul gallon d’essence US, soit 3 litres/100 km. Fabriquée avec des matériaux éprouvés et produits à 90 % aux É.-U., elle peut être dotée d’air conditionné, de sièges chauffants, de caméra de recul, de chaufferette… etc. Son moteur actuel est le 3 cylindres de la GeoMétro ou Pondiac Firefly, mais la compagnie travaille présentement avec BMW et AUDI pour acquérir un moteur plus performant et plus propre pour la même cylindrée.

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… et elle est conçue pour rouler autant l’hiver que l’été. Bon là, je m’arrête, car si je ne me retiens pas, je vais m’en réserver une tout de suite, même si elle n’est pas encore certifiée au Canada.

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Bon, sur ce, à la semaine prochaine. J’espère que vous avez apprécié.

* Et quelques petites bien belles vieilles voitures

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Et puis quand le moderne imite l’ancien. Ici, la Fiat 500 moderne à gauche, puis la Fiat 500 ancienne à droite. Fiat 2

GG

dimanche 1 février 2015

Après l’orage

Retour au quotidien

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Pas facile de retomber sur ses pieds après que la maladie, la mort, sont venues chambarder le début de cette année 2015. Je garde cependant espoir qu’elle se terminera sur une meilleure note. Voilà donc ce qui explique mon absence hebdomadaire de chaque lundi sur mon blogue personnel. Ainsi, après l’orage, il faut faire le ménage, ramasser ce qui peut être sauvé et tourner le regard vers l’avenir. Je vais donc partager avec vous, lectrices et lecteurs, trois petits sujets dont les deux premiers serviront de clôture au grand livre de la vie de mon p’tit frère. L’autre sujet, plus léger, vous amènera chez des artistes talentueux qui auraient tout à gagner en étant plus connus qu’ils ne le sont présentement.

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Son avion préféré, le De Havilland Otter, le plus gros monomoteur actuel au monde. Véritable camion aérien en plus d’une capacité de 9 passagers.

Pour certains, l’avenir se dessine très jeune. Mon frère était aviateur, pilote de brousse et puis pilote de ligne. En fouillant dans les documents qu’il m’a laissés, j’ai trouvé deux trésors dont voici le premier. Dès l’âge de 11 ans, il avait rédigé en classe cette petite rédaction qui témoigne des premiers traits vers une carrière qui fut toute sa vie professionnelle.

À 11 ans DG

L’autre trésor est le texte d’une chanson rédigée en janvier 1989. Eh oui, il jouait aussi de la guitare et bien que malheureusement je n’aie que le souvenir de sa voix, je souhaite un jour, dans le respect de son créateur, entendre une mélodie sur le texte que voici. Donald aimait chanter ce qu’il appelait « l’Hymne à Robert Parent ». Il en avait composé chaque couplet et le refrain, traduisant ainsi toute l’admiration qu’il avait pour cet aviateur qui lui avait servi de mentor aux tous débuts de sa carrière. Pour ceux qui connaissent la fin de la carrière de pilote de mon frère, ils y verront certainement une prédilection.

Hymne à Robert (Texte de Donald Gaudet)

Refrain

Il était de ceux qu’on oublie

Après le requiem de sa vie

Sa vie qui pourtant fut remplie

D’exploits non jamais démentis

 

Jamais un avion ne volait

Mieux que lorsque Robert le menait

On aurait dit un goéland

Volant au beau gré des courants

 

On a dit l’avoir vu pleurer

Le jour où le malheur le frappa

L’avion qu’il venait d’amener

Sur un lac gelé, s’abima

 

Plus que tout, il aimait voler

Son métier, il l’avait dans la peau

Et sa mort n’a rien d’étranger

Au fait qu’on le mit au repos

 

C’est à nous, pilotes, qu’il laissa

L’héritage le plus profitable

De ses conseils inestimables

De la mort, souvent nous sauva .

Chanson pour un pilote

Des artistes qui gagneraient à être connus

Sculpture des Madelinots

André Vigneau, Adrien Gaudet et Edmond Cyr. Ils sont trois Madelinots à l’Internationale de sculpture sur neige du carnaval de Québec pour une quinzième fois. Dans la vraie vie, ils sont ouvriers, pêcheurs, travailleurs polyvalents et autres habiletés qui n’ont rien à voir avec la sculpture. En certains pays, des gars comme ça vivraient bien, et uniquement de leur art. Afin de soutenir ce que j’avance, voici une photo de leur toute dernière œuvre intitulée « Banc; de neige, de poisson, des crustacés. » Et comme si ce n’était pas assez, le tout est accompagné d’un texte de Edmond Cyr, un des sculpteurs.

BANC : de neige, de poissons, des accusés.

Alors que le vent sculptait dans la poudreuse
Les courbes froide de ses flancs
Janvier le figea dans la falaise ocreuse
De ce banc aux lignes ondulentes
Voyageait un passé omniprésent
Des bancs de harengs immenses
Leurs amours printaniers
Les mâles unissant leurs laitances
Aux raves de leurs amantes
Donnant à la baie de plaisance
La couleur des hivers de mon enfance
Pêché, salé, fumé jusqu'aux derniers
Sommes-nous tous au banc des accusés
Hier, aujourd'hui, demain s'il nous est allouer
Rêve, fantasme ou réalité?

Sirre ( texte par Edmond Cyr)

Bravo les gars, vous êtes des as.

GG

lundi 19 janvier 2015

Blessé comme un oiseau en plein ciel

Mon frère l’aviateur

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Quelqu’un a dit un jour que les aviateurs et les pilotes n’étaient pas le même genre d’individus. Les pilotes sont des techniciens. Ils conduisent des avions, petits ou gros, simples ou complexes. Les aviateurs eux, aiment passionnément l’art de voler. Peu leur importe sur quoi ils volent, ils ne sont bien qu’en plein ciel. Du tableau de bord à l’écran cathodique plein d’instruments complexes au tableau archaïque où trop souvent le coup de pied est nécessaire pour qu’une aiguille tremblotante donne une valeur juste, ils sont les rois du ciel. Mon frère était de ceux-là.

Le 14 juillet 2008, trahi par un moteur à l’esprit explosif, il fut blessé au point de ne plus jamais pouvoir voler. Le 14 janvier 2015, épuisé de se battre contre un cancer, il ferma l’oeil unique qui lui restait pour s’envoler à nouveau vers un monde qu’on dit meilleur. Les aviateurs à qui l’on coupe les ailes ne peuvent plus vivre heureux par la suite. Le regard tourné vers les nuages, ils n’ont de cesse que de regarder vers la brume de leurs souvenirs et prier qu’un ange quelconque vienne les prendre à bord de son aéroplane de lumière.

Aujourd’hui, le 19 janvier 2015, j’ai porté en terre mon frère, l’aviateur.

Cher Donald, mon frère.

Quand tu m’as laissé le privilège de fermer pour toujours le seul œil qui te restait, j’ai imaginé que tu voyais enfin la lumière, la vraie lumière. Elle te permettra certainement de veiller sur tes deux enfants, Jean-François et Sébastien, puis sur tes petits enfants, Noa et Mila. Je crois du fond du cœur que quand une personne prétend en toutes occasions que Jésus est son « grand chum », cette personne ne peut se tromper. J’imagine papa et maman t’attendant à l’aéroport du paradis et puis quant à Jésus, disons qu’il vient d’acquérir dans son escadrille des anges, un sacré bon pilote.

Adieu mon frère.

Je t’aime.

lundi 12 janvier 2015

Si Dieu existe, il ne tue pas pour un dessin

…dixit: Andreu 0301

georgesgaudet49@hotmail.com

 

Le jour où les mitraillettes sont devenues des gommes à effacer…des vies

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Ti-Pit Labarbotte est le personnage d’une de mes premières bandes dessinées publiées au tout début de l’existence du journal LE RADAR. Monsieur Hubert, alors propriétaire du journal, ne comprenait pas toujours la nécessité de s’exprimer par la caricature et il a fini par en refuser la publication, n’y voyant aucun intérêt particulier. Pourtant, jeune collaborateur bénévole au cœur de ce beau journal naissant, j’y voyais là un moyen d’expression qui passait au-delà de l’écriture et qui était capable d’aller chercher par le rire et la dérision, l’attention particulière de lecteurs potentiels. Aujourd’hui, le graphiste et caricaturiste Hugo Miousse joue admirablement bien de cet art de l’exagération et il serait dommage que cela s’arrête un jour à cause d’une censure atteignant directement la liberté d’expression, le pilier majeur de toute notre démocratie et la valeur fondamentale de notre État de droit. Peut-être faudrait-il rappeler avec ardeur et diplomatie la véritable définition de la caricature telle que le dictionnaire la définit : « Un dessin satirique qui procède notamment par la déformation et l’exagération de certains aspects significatifs. C’est une description satirique qui accentue certains traits comiques ou déplaisants, parfois une représentation grossière et infidèle d’une réalité. » En somme, il s’agit d’un art qui prend toute sa valeur dans l’intelligence cachée du message qu’il porte. En ce sens, il devient un message non écrit plus puissant que la plume, invulnérable de par son ridicule apparent et terriblement dangereux pour celui ou celle qui l’ont imaginé.

 

Je précise d’abord que je n’ai jamais été un grand admirateur de « Charlie Hebdo » bien qu’occasionnellement, il m’est arrivé de rire intérieurement de leur effronterie, dois-je le préciser, intelligente. Mal à l’aise quand ils critiquaient « ma religion », je regardais ailleurs ce qu’ils faisaient de celles des autres et de la politique pour finalement accepter leur satire souvent grossière et irrévérencieuse. En analysant certaines de leurs créations, je voyais cette équipe comme des gamins s’amusant de la réaction des grands menteurs de ce monde et au final, criant leur indignation devant la bêtise humaine, jamais moins bête que leurs traits de crayons. Ces créateurs croyaient en leur cause, ce qui n’est malheureusement pas le cas de la plupart de nos hommes politiques et nos hommes d’Église aujourd’hui. Ils faisaient flèche de tout bois, autant des catholiques que de la curie romaine, de la judaïcité, de la politique, que du monde musulman. Pour ces caricaturistes, autant chroniqueurs au trait de crayon plus parlant que des pages de textes, toute la misère humaine émanait du pouvoir politique corrompu, de l’injustice sociale et du pouvoir religieux qui a engendré tant de guerres et de massacres. Pour ces caricaturistes, la solution à l’injustice passait par l’athéisme et un pouvoir étatique complètement détaché de toutes croyances religieuses. Bien sûr, jouer dans cette arène, c’est affronter le lion avec un crayon et du papier. Il était à prévoir que le sang allait couler, mais ce serait à mon avis injuste de se dire qu’ils devaient se taire et qu’ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient. À cette conclusion, je préfère rendre hommage à leur courage extraordinaire, à cette bravoure sans nom, si rare aujourd’hui. Qui d’entre-nous, y compris moi-même, avons aujourd’hui ce courage de risquer notre vie pour nos convictions? Notre confort, nos petites fêtes, notre société d’abondance nous tiennent bien au chaud dans notre silence devant tous les malheurs de plus des deux tiers de l’humanité.

Le diable est à nos portes

J’ai, moi aussi grandi dans un milieu où la religion était ce qu’il y avait de plus sacré et le sacré, on ne touche pas. Heureusement,  j’ai eu par la suite la chance de vivre dans la grande période charnière où tout remettre en question était devenu possible. Pour moi et bien d’autres de ma génération, j’ai gardé les belles valeurs morales de la chrétienté, mais j’ai aussi découvert les tares, les mensonges et les tromperies, masquées par des chefs religieux jaloux de leur pouvoir exercé sur ceux qui n’osaient pas questionner leur autorité. C’est ce qui arrive au monde musulman d’aujourd’hui. Ils sont des millions, prisonniers d’une idéologie proclamée par certains de leurs guides dont le seul but est de se servir d’une interprétation tordue de leur prophète afin de mieux assouvir leurs sujets. La politique étant par endroits impuissante, quoi de mieux que la religion et l’autoproclamation d’être un messager divin pour conquérir le monde. Hitler a commencé ainsi. Il était le sauveur du peuple allemand.

Notre monde, libre de penser, de voter, de contester et de changer de chefs, est en train de se taire et de s’autocensurer devant la menace terroriste qui gravite dans les rangs d’une religion dont certains ont probablement déshonoré l’âme. Le mot « terroriste » n’est-il pas de la même famille que le mot terreur? Il ne faudrait pas oublier qu’au-delà des quelques centaines de victimes qu’ils ont faites dans le monde dit « libre », ils ont massacré plusieurs millions des leurs dans les pays d’où ils proviennent. Leurs victimes fuient l’horreur et malheureusement, quelques pommes pourries se cachent dans cet exode. Ajoutons à cela nos nombreux paumés ou malheureux frustrés en mal de reconnaissance qui joignent les rangs de ces tueurs de libertés et nous avons le parfait cocktail qui risque de tuer ce que nous avons de plus précieux en occident, le pilier de notre état de droit, notre liberté de parole, notre liberté d’expression, notre liberté de choix, notre démocratie, notre liberté tout court.

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En conclusion, je me permets de citer un texte de Marielle Anne Martinet tiré d’un réseau internet et qui résume essentiellement ma pensée.

Depuis quand se taire, se mettre à genoux fait partie de nos valeurs? Aujourd'hui, c'est pour une caricature qui ne fait pas notre affaire qu'il faudrait se taire. Et demain, ce sera pourquoi? Pour un vêtement qui ne convient pas? Pour une fille qui veut aller à l'Université?

Georges Gaudet

dimanche 14 décembre 2014

Dialogue entre Dieu et Jésus la veille de Noël

Par Georges Gaudet   georgesgaudet49@hotmail.com

*Comme à chaque période des Fêtes,  je vous offre à vous lectrices et lecteurs, un conte de Noël de mon cru. J’ose espérer qu’il vous plaira. Aussi, j’en profite pour vous informer que ce blogue sera silencieux jusqu’au 12 janvier 2015 afin de profiter, ma compagne Dominique et moi, d’une période bien à nous pendant ce temps bien particulier de l’année. Je vous souhaite donc un JOYEUX NOËL et une BONNE ANNÉE à vous toutes et tous en plus de vous dire au revoir à l’an prochain.  

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Collage de Georges Gaudet

C’est plutôt tranquille dans le ciel et Dieu est assis sur son gros divan nuageux. Il s’ennuie quelque peu et appelle son fils sur twitter, question de savoir s’il viendrait faire un petit tour. Ensemble, ils pourraient observer ce qui se passe sur la terre en cette veille de Noël. Jésus répond à l’appel même s’il était bien occupé à discuter hockey avec Jean Béliveau.

Jésus: — bonjour Père. Que regardez-vous?

Dieu : — entre fils, et assied toi. J’étais en train d’observer mon univers et je me suis arrêté sur ce qui se passe sur la terre. C’est bientôt Noël en bas. Tu sais que St-Nicholas ne doit pas être très content de ces temps-ci. On l’a même remplacé par ce gros bonhomme rouge et blanc qu’ils appellent le Père Noël. Il est pas pire le bonhomme, il donne bien des cadeaux, mais St-Nicholas risque de passer dans l’oubli si ça continue comme ça.

Jésus: — Ne vous en faites pas Père. Les humains sont comme ça et St-Nicholas, avec son caractère, risquerait d’envenimer les choses si vous le redescendiez sur terre. Peut-être que si j’y retournais, je pourrais faire quelque chose.

Dieu : — non, non, non, fils. Ne trouves-tu pas que tu en as assez bavé lors de ta dernière crucifixion? Tu sais, il reste encore de bonnes âmes sur cette terre malgré tout ce qui ne fonctionne pas. Et puis, il doit bien te rester quelques anges qui pourraient discrètement arranger le sort de certains malheureux, sans que ça paraisse trop. Qu’en penses-tu?

Jésus: — possible, mais les archanges sont tous occupés. Michael est toujours en train de mettre des bâtons dans les roues à Lucifer et Gabriel, lui passe son temps à consoler des vierges, mais j’avoue qu’il n’en reste plus beaucoup par les temps qui courent. Peut-être que je pourrais lui demander de parcourir avec ses anges une partie du monde, particulièrement auprès des enfants qui vivent la guerre tous les jours.

Dieu : — bonne idée mon fils. Ah tu sais, il y a des fois où j’en veux tellement à ce Lucifer. Brillant comme il est, il a fallu qu’il n’en fasse qu’à sa tête et tente de m’imiter au lieu de suivre mes directives. La terre et les humains ne seraient pas ce qu’ils sont s’il m’avait écouté. Des fois, j’ai envie de tout effacer et je me demande si j’aurais envie de recommencer une telle expérience, même sur une autre planète.

Jésus: — retenez-vous Père. Vous savez que Marie n’aimerait pas du tout que vous fassiez disparaître l’humanité. Même si c’est sans vous avoir demandé la permission, elle a fait de tous les humains, ses enfants, indépendamment de leurs qualités et de leurs défauts. Après tout, chaque fois que ce diable de Satan fout la pagaille sur cette terre en dressant les peuples les uns contre les autres, en appauvrissant la presque totalité des habitants de cette terre, il en sort toujours des âmes exceptionnelles qui surgissent de nulle part et qui font à elles seules, plus de bien que tout le mal qui existe.

Dieu : — Tu as probablement raison fils. Et alors, que faisons-nous pour cette nuit de Noël? Je vois des prisonniers qui tremblent, des enfants qui ont faim, des gens malades et certains d’entre - eux pensent que c’est de ma faute. Tu sais que je ne peux quand même pas directement intervenir sans leur enlever toute liberté de choix, surtout celui de leurs chefs.

Jésus: — Je vous comprend Père, mais cela ne vous empêche pas de vous servir des bonnes âmes qui ne demandent qu’à servir leurs frères et sœurs en proclamant votre parole. Et puis, avec un petit coup de pouce de certains anges et archanges, discrètement, certaines personnes pourraient certainement s’en tirer. Il ne suffit que d’un ange invisible qui siffle derrière l’oreille du pire des renégats pour qu’il fasse quelque chose de bien, même sans se rendre compte pourquoi il le fait.

Dieu : — J’aime bien ton idée Fils, mais c’est un peu tordu, ne trouves-tu pas?

Jésus: — oui Père, je l’admets. Pardonnez-moi, mais vous savez que j’ai fréquenté les pharisiens lors de mon passage sur terre et puis, depuis ce temps, je m’intéresse beaucoup à la politique mondiale, l’Américaine en particulier, la Russe bien sûr et même la Québécoise. J’en ai d’ailleurs beaucoup appris récemment sur cette dernière. Le truc, c’est de tourner quelque chose de pas très bien en quelque chose de vraiment bien. Le gouvernement du Québec ne peut y arriver, mais nous, vous et moi Père, avec votre aide, nous pourrions y arriver. Nous pourrions commencer par pirater Twitter, Facebook, Outlook et tous les autres, puis les saturer de bons messages de paix, de conseils sur le plaisir de donner et pourquoi pas, révéler les comptes en banque de certains riches disons… pas très catholiques.

Dieu : — ah là, non, je t’arrête Fils. La dernière fois que tu as refusé les propositions de Satan dans le désert, tu sais ce qui t’est arrivé. Ils t’ont crucifié. Alors, les riches, ne touche pas à ça et il y a toujours le risque de devenir comme eux. Mieux vaut se concentrer sur les bontés à distribuer aux plus malheureux, surtout en cette nuit de Noël. N’oublie pas que c’est ta naissance que la très grande majorité de l’humanité fête en cette nuit bien spéciale… à part Target, Costco, Walmart et quelques autres bien sûr.

Jésus: — D’accord Père. Pardonnez-moi cette errance. Je vais de ce pas recruter quelques anges pour m’aider et nous allons faire un petit tour de Terre sur le coup de minuit. Après tout, je dois bien cela à ces bonnes âmes qui ne cessent de porter mon message d’amour envers et contre tout, même dans les endroits les plus envahis par la haine.

Dieu : — C’est ça Fils et merci de ta visite puis quand tu reviendras, passes donc chez ta Mère et apporte-moi quelques biscuits au gingembre. Il n’y a qu’elle pour en faire des si bons.

Sur ce, le Fils salua son Père et quitta le lieu paternel pour aller rejoindre l’aéroport des anges.

Un café chaud 1

Photo d’origine inconnue prise sur internet

* Et c’est ainsi que pendant la nuit de Noël et le matin qui suivit, un homme immensément riche, sans savoir pourquoi, partit avec un lot de billets de banque et les distribua à tous les sans-abris qu’il rencontra sur la rue de sa ville. Une femme qui avait tricoté quelques dizaines de paires de bas de laine au cours de l’année fit le tour de tous les centres d’hébergement afin de donner tout ce qu’elle avait produit au cours de l’année. Un enfant qui ne savait plus que faire de sa grande armoire remplie de jouets décida subitement de forcer ses parents à l’accompagner dans le pire coin de la ville et donna tous ses jouets aux enfants qu’il rencontra. Une femme qui vit un clochard se sauver avec son combo Big Mac alors qu’elle avait le dos tourné, courut après lui pour le lui offrir et lui en payer un autre de surcroit. Un homme assis auprès du lit de son enfant atteint d’une grave maladie vit tout à coup son enfant sourire pour une première fois depuis des mois. Les médecins n’y comprenaient rien, car ils ne pouvaient que constater sa guérison, une chose impossible à leurs yeux. Au cours de cette nuit bien spéciale, des centaines de choses inhabituelles comme ça se produisirent et personne n’y comprenait rien. D’ailleurs, un autre phénomène se manifesta sans que les gens puissent l’expliquer. Toutes ces personnes qui, par centaines, se portèrent au secours de leurs frères ou sœurs virent leur cœur éclater de bonheur. Un bonheur inexplicable, un bonheur qui donnait envie de crier de joie, un bonheur qui donnait l’impression que quelqu’un leur avait sifflé à l’oreille ce qu’il fallait faire pour être heureux. Pendant un court instant, par une toute petite fenêtre ouverte sur le paradis, des gens ont vu comme dans un film sur YouTube, le Juif donner la main au Palestinien, l’homme blanc tendre la main au noir, le chrétien au musulman, les hommes et les femmes, dans un élan d’égalité et d’amour, s’embrasser chaleureusement. Pour un instant, ce fut vraiment Noël, même que Dieu, de son nuage, en pleurait presque.

Joyeux Noël à toutes et à tous.

GG

lundi 8 décembre 2014

Souvenirs d’étudiants en 1965-66

Il a publié «VISAGE DES ÎLES»

Robert PariséPage couverture

Robert Parisé

Il fut notre professeur de français. Robert Parisé, enfant de la Basse-Côte-Nord, né à Dock, petit village d’origine acadienne, fut un enseignant qui aura marqué positivement mes jeunes années aux études. Jeudi prochain, le 11 décembre, s’il est toujours vivant, il aura 81 ans. Une rencontre fortuite à Québec en 1969 m’apprit qu’il était alors Directeur du Centre de la Main d’Oeuvre du Québec à Baie-Comeau et une autre rencontre tracée au hasard de nos vies respectives, me le fit rencontrer en tant que professeur de l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi).

Après des études classiques à Rimouski, il se rendit à Laval pour y décrocher une maîtrise en sciences sociales en 1960. Plus tard, il fera un stage d’études pré-doctorales en sociologie à McGill. En 1965-66, il était notre prof de 10e année au collège St-Pierre de Lavernière et en 1969, le souvenir de son passage aux Îles de la Madeleine se traduisait par la publication d’un essai témoignant de son attachement aux racines acadiennes et au peuple madelinot. Robert Parisé n’avait jamais oublié ses turbulents, mais « intelligents » élèves des Îles comme il le disait si bien. À preuve, son essai publié en 1969 recèle de nombreux petits détails, statistiques et photos qui sont autant de trésors oubliés dans les anales de la littérature madelinienne d’aujourd’hui. En voici quelques extraits.

Réal Richard

Ce professeur nous a fait découvrir l’amour des mots et il n’hésitait pas à nous mettre en compétition les uns non pas contre les autres, mais avec les autres. Les adversaires étaient la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire. Notre journal collégial, l’Aviron nous servait de tableau d’exposition ou si vous voulez de panneau d’affichage. Bien sûr, je ne voulais pas être en reste. Peut-être est-ce là, la raison pourquoi je tiens régulièrement ce blogue aujourd’hui. Voici donc un autre extrait de cet essai.

Georges Gaudet 1Georges Gaudet 2

Cet enseignant exceptionnel aimait les Îles et il a enrichi son manuscrit de quelques photos qui font sourire aujourd’hui. Elles sont extraites de l’Office du film du Québec.

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Du hareng, il y en avait en ce temps là.

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Cherchez le hangar de CTMA si toutefois vous pouvez imaginer où il se trouve aujourd’hui.

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Et des statistiques qui nous semblent tellement irréelles aujourd’hui.

Bien que nous n’étions pas toujours d’accord avec ses opinions politiques, il insistait toujours pour que nous apprenions à nous exprimer correctement, car le prof, il était aussi politisé. D’ailleurs, l’ex-député des Îles, monsieur Hormidas D. Langlais s’était fait un plaisir de rédiger la préface de son livre. Visionnaire incomparable, ce député qui a représenté le compté des Îles de la Madeleine pendant plus d’un quart de siècle, termine cette lettre de préface par quelque chose qui a aujourd’hui, une odeur de prophétie.

Hormidas Langlais 1

Hormidas Langlais 2

Les temps changent, mais jamais on ne pourra remplacer un enseignement qui fut offert avec la passion de cette profession. Qu’ils soient d’hier ou d’aujourd’hui, ils et elles sont le terreau qui sera à l’origine de ce que sera le monde de demain. Ça, il ne faudrait pas l’oublier. D’ailleurs, un bon professeur, ça ne s’oublie jamais.

Bonne semaine à toutes et à tous.

GG

lundi 1 décembre 2014

Petite histoire de bateaux et d’un homme

 

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Enfants non identifiés jouant avec des modèles réduits à la marina de Havre-Aubert.

*Je suis né presque dans « Le petit ruisseau » pour ainsi dire, là où autrefois les anguilles, barbots et « picassous » de même que « plogueils » remontaient au niveau du pré à deux pas de la maison où nous habitions, mes parents, mon frère et moi. Cet endroit, quoique altéré passablement par le modernisme, existe toujours, mais probablement sans la vie marine qui l’habitait. Il s’agit du Chemin des fumoirs, à Havre Aubert, un endroit où au début des années soixante, les chaloupes, doris, radeaux fabriqués par les enfants et autres objets flottants patentés en tout genre, flottaient ou s’échouaient régulièrement sur la rive, au gré des vents et des marées.

Il était un grand constructeur de petits bateaux

Pardonnez-moi ce préambule, mais il est là pour expliquer toute l’admiration que j’avais pour un homme dont l’esprit créateur, inventif et passionné aura peuplé mon imaginaire adulte de tous les rêves possibles et imaginables en matière de construction de bateaux bien spéciaux. Pour qui est né, a grandi et vécu dans un milieu maritime comme celui des Îles de la Madeleine, dans un décor de carte postale des années soixante et presque toujours les deux pieds dans des « bottes de rubber », les conceptions de cet architecte naval prolifique qu’était Philip C. Bolger ne pouvaient faire autrement que d’attiser la passion que j’ai toujours eues pour ces petits bateaux accessibles à la portée de presque toutes les bourses.

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Philip C. Bolger est né le 3 décembre 1927 et a vécu à Gloucester, au Massachusetts pendant la majeure partie de sa vie.  Celui qui allait devenir le plus connu des concepteurs de bateaux très originaux à prix abordable a toutefois toujours soutenu avoir été grandement influencé par les grands mentors de la construction navale américaine et internationale, LF Herreshoff, Nicholas Montgomery et Howard Chapelle. Faut-il préciser ici qu’au sein de la construction navale de haut niveau, ces noms sont comme les Maurice Richard,  de notre sport national. D’ailleurs, Bolger n’a pas que travaillé à la conception de petits bateaux. Sa première construction fut un 32 pieds (9,75 m) pour la pêche sportive qui fut publié en janvier 1952 dans le prestigieux magazine de l’époque, le magazine Yachting. Homme à l’imagination fertile, Bolger aura conçu au cours de sa vie environ 668 bateaux différents, faisant de lui l'un des designers les plus prolifiques du 20e siècle. L’étendue de son expertise s’étend de la réplique d’une frégate du 18e siècle d’une longueur de 114 pieds et 10 pouces (35 m) à une simple chaloupe en forme de boîte carrée de 6 pieds et 5 pouces (1,96 m) en contre-plaqué. Ici, il faut préciser que la particularité de cette « boîte carrée » peut quand même être repliable en sections pour le transport, porter deux hommes entre la rive et un bateau au mouillage en plus de se voir ajouter une petite voile à livarde et une dérive sur le flanc. Disons que c’est pas mal pour une espèce de grosse boîte d’allumettes flottante.

Boîte d'allumettes

Une boîte d’allumettes bien fonctionnelle.

Il est fort possible que si tous les enfants des rivages de l’Atlantique des années cinquante avaient connu les premiers livres écrits par Bolger sur sa conception des bateaux, ces petites chaloupes carrées auraient peuplé les rives des lacs, rivières et bords de mer partout là où les enfants aiment jouer.

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Un plan Bolger pour enfants

Bolger a toujours eu tendance à favoriser la simplicité plutôt que la complexité. Beaucoup de ses coques peuvent être fabriquées à partir de matériaux en feuilles, généralement en contreplaqué et sont à bouchains vifs, c’est à dire sans rondeur, mais avec des courbes en angles serrés. L’idée derrière tout ça étant de créer des plans d’une simplicité presque enfantine tout en permettant à des amateurs sans expérience de construire des petits bateaux amusants, mais fonctionnels, performants et « presque » toujours jolis. Ici, le mot « presque » a de l’importance, parce que Bolger fut quelques fois accusé par d’autres concepteurs, de ne construire que des boîtes carrées flottantes. Sensible à la critique, Bolger revenait avec un dessin traditionnel qui pouvait faire l’envie de tous. Cet homme disait avoir besoin de créer des bateaux qui pouvaient être bâtis par n’importe quel amateur capable de s’acheter quelques feuilles de contreplaqué à la quincaillerie du coin, des clous et quelques vis, une voile en tissu et même en « typar », une paire de rames et quelques gallons d’époxy avec un minimum de fibre de verre.  Pendant de longues années, les lecteurs de la revue bien connue des amateurs de bateaux en bois « Woodenboats » auront eu plaisir à lui écrire personnellement afin de lui soumettre le bateau de leurs rêves. Souvent, il s’agissait de demandes qui se résumaient à quelque chose comme un bon bateau, solide, performant, petit mais spacieux, joli et surtout pas cher. Malgré toutes ces contradictions, Bolger sortait toujours un plan, beau, bon, pas cher, et qu’il soumettait à tous les lecteurs de la revue. De ces dessins sont nés des bateaux qui furent construits par centaines de par le monde par la suite. Les plus populaires furent le Micro, un voilier de 15 pieds ( 4,5 m) qui peut naviguer là où des bateaux bien plus grands auraient envie de revenir au port. À cela, on peut ajouter le populaire « Gloucester light dory », un doris léger, surbaissé, rapide et facile à construire. Pour terminer, citons le voilier de type « cat-boat » (une seule voile), le « Bobcat » dont quatre exemplaires furent bâtis ici aux Îles par des amateurs avertis. Ces quatre bateaux sont d’ailleurs en mouillage la plupart du temps dans la baie du Cap-Vert pendant toute la période estivale.

Bobcat IM - 2

Les quatre bobcats dans une course amicale en fin d’été à Havre-Aubert.

Bobcat IM - 1

Quelques planches de contreplaqué, de la résine d’époxy, de bons plans et un peu d’espace et puis vous avez un joli petit voilier. Quel beau plan d’hiver.

Écrivain prolifique, Bolger a écrit de nombreux livres dont le populaire « Boats with an open mind » (des bateaux à l’esprit ouvert) ainsi que plus de 550 articles de magazines sur la conception de petites embarcations. Bolger est décédé le 24 mai 2009 à l’âge de 81 ans, d'une blessure par balle auto-infligée. Sa femme a expliqué que dans les mois qui ont précédé son suicide, il se savait atteint d’une maladie dégénérative et qu’il avait de nombreuses pertes de mémoire. Cette fabuleuse imagination qui était son bien le plus précieux, il semble bien que Phil Bolger ne pouvait tolérer la perdre. Ce geste de désespoir aura mis fin à la brillante carrière d’un maître de la création maritime. Ce jour-là, c’est toute une communauté de patenteux et constructeurs de petits bateaux qui fut en deuil. Elle venait de perdre son artisan et mentor le plus prolifique.

GG