mardi 7 avril 2020

CHAPITRE II
ANTOINE ET LE VIEUX TANCRÈDE

- Dis grand-père, pourquoi tu veux qu’on marche sur la plage ensemble?

D'un air  soucieux, le vieil  homme fronce les sourcils,  prend un air songeur  en regardant  la  ligne d'horizon,  puis  après une  longue respiration,  il dit: 

-  Mais pour  prendre l'air,  mon petit. 

Il serre doucement cette petite main parfaite dans sa grosse main calleuse et comme  s’il  avait peur  qu’elle  ne s’échappe, il  la  recouvre tendrement de  son autre main tout en regardant  son petit-fils droit dans les yeux.

Le petit  évite son regard et s’attarde  sur cette ligne d’horizon mal définie  devant eux,  puis  il pense:  «Prendre  l'air». Une expression  que  son grand-père  utilise  souvent, bien  qu'elle  lui semble assez étrange. Dans sa logique toute cartésienne, l'enfant se demande  bien  pourquoi son  grand-père insiste  tant pour  «prendre l'air»,  puisque l'action de  respirer pour lui demeure toute naturelle,  surtout à l'intérieur de  la «bulle», là où l'atmosphère y est filtrée et contrôlée.

- Maman  dit… enfin mon tuteur fédératif dit,  que ce n'est pas bon de prendre l'air  dehors; que seulement les nostalgiques du passé s'entêtent à sortir pour marcher sur la plage; les dangers les guettent et puis, les  maladies qu'on y attrape coûtent très chers à la «bulle collective».

Un tuteur fédératif... le dernier nom qu’on avait trouvé à ces nouvelles mamans androïdes  et  cybernétiques qui  s’occupaient des enfants tout en leur  procurant une éducation et  une instruction soi-disant équilibrées.

Comme pour corroborer  l’énoncé  du petit, le bruit  de  succion, que firent  leurs bottes engluées  dans  la vase noire, semi-liquide  et malodorante, acheva  le verdict du petit tel  le maillet d'un juge à la fin d'un prononcé de sentence.

Le pauvre vieux Tancrède s'arrêta net,  fouetté par une réalité à laquelle il n'avait pas songé. D'un geste spontané, il prit son petit-fils dans  ses bras et appuya  la tête de ce dernier sur sa poitrine. Bien sûr, la visière du scaphandre protecteur de l’enfant l’empêchait de sentir  la chaleur de son visage  sur sa propre  poitrine, mais il s’en  accommoda quand même.  Après tout, on  protégeait tellement  ces enfants des  microbes, qu’ils  en étaient  rendus à  ne plus pouvoir toucher  un autre  humain en dehors  de la «bulle  collective».

 - Tu  as raison, il faut rentrer, dit Tancrède. C'est dangereux pour ta santé.  Cette plage ne ressemble plus du tout à celle d’autrefois. Dans le temps, ce sable gris, que tu vois, brillait d’une belle couleur dorée.
 - Je sais, je l'ai vu dans mon appareil télévirtuel ; même que mon «téléprofesseur» affirme que  c'est bien mieux  aujourd'hui. Il semblerait qu'avant,  il y  avait du vent, beaucoup  de vent, même  des tempêtes quelquefois. Des jours, on pouvait sentir le froid puis la neige. Aujourd'hui, le «téléprofesseur» dit que  c'est plus agréable, qu'on  peut voir tout cela, assis dans le fauteuil virtuel de la «biblio-bulle»... s’exclame fièrement le jeune Antoine.

Alors qu'ils  entrent dans le sas  de décontamination, le vieux Tancrède tremble de  tous ses membres. Il ne gèle  pas, il rage de l'intérieur. En effet,  comment expliquer à son petit-fils qu'on  lui ment ? Comment le convaincre qu'en cette époque, on s'empresse de justifier le grand mensonge. Comment lui faire connaître la vérité, sans créer un monstre de révolte, sans que «l'audi-censure» passe son petit-fils au «scanno-purificateur» ?

- Tu sais, le  vent, les tempêtes, la pluie, la neige, le froid ; tous ces éléments avaient aussi leurs charmes, arriva-t-il à argumenter.

- Il n'y a que toi grand-père, pour dire des choses pareilles.

- Oui, bien sûr. J'imagine  que ce sont les paroles de  ton «téléprofesseur», de renchérir  le vieux Tancrède d’un air tout dépité devant l’excitation de son petit-fils.
- Eh bien!  il affirme qu'il  ne faut pas croire tout ce  que les vieux radotent. Il semblerait que  les gens âgés oublient  parfois. Entre autres,  que le froid, le vent et les  tempêtes ont tué beaucoup de monde aussi.

Voyant qu’il ne pouvait éviter le sujet, Tancrède choisit de se rallier un peu à son jeune interlocuteur.

 - Oui, il a raison ton «téléprofesseur». Je me souviens des naufrages du  «Marie Carole»,  du  «Nadine» et de  bien  d’autres encore.  Ces jours-là, la tristesse habitait  tous les  insulaires. 

 Même si nous n'étions pas  de proches  parents des victimes, nous  portions tous un bagage d’amertune dans  l'âme; comme si une partie  de nous-mêmes venait de  mourir. Comment ne pas constater la vraie profondeur de nos racines territoriales et maritimes  en  ce temps-là.  Seule, l’immensité de notre chagrin à travers des épreuves  pareilles suffisait à nous indiquer la nature de notre appartenance, aux vrais fils et filles de la mer.

Tancrède  regardait au  loin, croyant revivre cette  époque. Il cherchait  l'horizon, mais son  regard  s'arrêta soudainement sur  l'armature d'acier de la «bulle  collective», une espèce de structure géodésique, immense,  couvrant plusieurs  kilomètres  de terrain et abritant  une population  dont chacun  avait   un rôle  précis  à jouer  dans  la collectivité, sauf...les vieux bien sûr.

- Ton «téléprofesseur», il  t'a raconté aussi le bleu du ciel, la joie de marcher  pieds nus dans le sable, la  douceur d'une brume salée qui fouette le  visage au printemps?  Dis-moi, ton «téléprofesseur»: il t’a aussi raconté le blanc étincelant  de la banquise en  hiver, le bruit des  galets roulés par  les vagues  sur les plages, les  millions de diamants créés par les reflets du soleil sur l'eau cristalline?

- Non...répondit Antoine, tout surpris de cette charge à l’endroit de son «téléprofesseur».

Le regard  du petit baignait dans les yeux  d'un bleu profond de  son grand-père. Un  regard interrogateur, plein de curiosité,  de  naïveté... et  plein  d'une impression,  d'un sentiment difficile à définir. Devait-il craindre son grand-père  ou devait-il lui  faire confiance?  Antoine opta pour la manoeuvre de diversion, croyant calmer celui-ci.

- Dis grand-père, tu veux me raconter ... le soleil ?

- Ah oui... le soleil; eh bien quoi...le soleil?

- Tu sais,  cet astre  qui nous brûle tous,  quand par  accident, il apparaît en dehors de  la «bulle». On dit cependant qu’il n’a pas paru depuis des années. La couche de nuages étant trop épaisse pour que ses rayons la  percent avec efficacité. Tu sais grand-père,  moi j’ai jamais vu le soleil, c’est trop dangereux. La «bulle» est très bien équipée de lampes artificielles...même  que  cela nous donne  tous  un beau bronzage. Il  n’y a  que toi grand-père  qui a la peau toute «craquillée» des fois.  Mon tuteur dit  que c’est parce  que tu sors de la «bulle» trop souvent sans scaphandre.

Antoine n’insista pas  trop sur l’absence de scaphandre, car il savait bien que son grand-père n’y avait pas droit à cause de son âge avancé.

Las et un peu irrité, Tancrède émit un long soupir retenu, puis il dit:

- Oui Antoine,  je te raconterai tout  ce que tu voudras  savoir sur le soleil, sur les étoiles... et sur bien d'autres choses aussi, mais pas aujourd’hui.  Je suis fatigué mon  garçon. Cette  marche dans la vase grise de la plage m’a épuisé, je crois. 


·      Prochaine publication jeudi le 9 avril. (suite et fin du chapitre 2). Prenez soin de vous toutes et tous. GG

- Version anglaise (english version) 

Chapter II
Tony and  Old Albert

“Pappy, why do you want us to walk along the beach shore together?” Looking concerned, the old man wrinkled his eyebrows and looked lost in his own thoughts, while focusing on the horizon.  He took a deep breath and said “To get some fresh air my little boy.”  Then he gently tightened Tony’s small perfect hand in his large and wrinkled one and, as if he were afraid of losing his grip, he quickly and tenderly covered it with his other hand, while looking deeply into the eyes of his grandchild.  
The little boy avoided the old man’s glance and, like his grandfather, pretended to be attracted by the badly-defined horizon in front of them.
“To get some fresh air.”  An expression which his grandfather often used, although it seemed rather strange to him. First of all, the air was far from being fresh and, in fact, it was, since he could remember, extremely toxic and dangerous.  In his very Cartesian logic, the child wondered why his grandfather insisted so much on “getting some fresh air,” since the action to breathe was very natural for him, especially inside “The Bubble,” where the atmosphere was filtered and controlled.
“Mom says that . .  .  Oh sorry! My federative tutor says that it is not good to breathe the air outside; that only the nostalgic people of the past are stubborn enough to go out like that, for a walk on the beach.  She says this is very dangerous and, most of all, that the diseases the old people are catching are too costly for the collective Bubble.”
A “federative tutor.” That was the most recent name they had found for these new “moms.”  They were some type of “androids” or “cyber-moms” who were dealing with
the children, programmed to give them an education, supposedly perfectly balanced, the Federation used to proclaim.
Like corroborating the statement of the young child, the sucking noise made by their boots, limed in the black mud, semi-fluid and malodorous, completed the verdict of Tony, like a judge’s mallet when handing down a sentence.  
Suddenly, Albert stopped, whipped by a reality of which he had not thought.  In a spontaneous gesture, he took his young grandson in his arms and pressed his head down upon his shoulder.  Of course the visor of the child’s protective surviving suit prevented Albert from feeling the heat of Tony’s face upon his chest, but he accommodated himself to this weird situation anyway.  After all, “they” wanted to protect these children so much from the viruses that they were forbidden to touch another human being when apart from the collective Bubble.  
“You are right, we have to go back to the Bubble” said Albert.  It is dangerous for your health here.  The Sandy Hook, as it was formerly called, is no longer what it was.  A long time ago, this gray sand that you see was a beautiful golden color.”
“I know” said Tony. “I saw it on my virtual TV-apparatus. Even my virtual teacher says that it is better today.  It appears that during those times, there was wind, much wind, even storms sometimes. There were something called seasons also.  The one called
Winter was awful, the cold then the snow.  My virtual teacher says that today it is much better, because we can see all that seated in the virtual armchair of the Library Bubble.”
While they entered the chamber of decontamination, the old Albert was trembling in all of his limbs. It was not because he was freezing, but rather the fight he was having to hold back his rage, just for himself, and not show it to his grandson.  Indeed, how to say to his grandchild that they are lying to him?  How to tell him that in this present time, the authorities are rushing to justify the great lie.  How to tell him the truth, without creating a monster of revolt, without having the little boy passed through a censorship program or a so-called scano-purifier?  
“You know, the wind, the storms, the rain, the snow, the cold; all that was very beautiful also,” Albert managed to argue.
“There is only you Pappy who can say things like that!”
“Yes, of course. I imagine that it is what your cyber teacher tells you” mused Albert.
“Uh, well .  .  .  he says that one should not believe all that the old men say.  Supposedly it appears that old people sometimes forget.  They forget, for instance, that the cold, the winds and the storms killed many people too.”
“Yes, he is right your cyber teacher” Albert sighed.  “I remember the shipwrecks of the Marie Carole, the Nadine and others. Those days were sad for all the Islanders.”
“Even if we were not the nearest relative of the victims, a large group of us carried the burden of sadness in our heart.  It was as if a part of our self had just died.  In those days it was fairly easy to measure the true depth of our Island roots. Just the vastness of our sorrow, in similar circumstances, was enough to indicate the nature of our sense of belonging to this insular social tissue.”
The old man was looking far away, as if he was reliving this time.  He sought the horizon, but his glance stopped abruptly on the steel reinforcement of the “collective Bubble,” a strange geodetic structure, immense, covering several miles of ground and sheltering a population in which each member had a precise role to play in the community; except, of course, the old ones.
“Did your cyber teacher also tell you about the blue of the sky, the joy of walking barefoot in the sand, the softness of a salted fog that whipped your face in the Spring?” asked Albert.  “Tell me, did your cyber teacher also tell you about the pure sparkling white of the ice-barrier in Winter, the noise of the rolling waves on the seashore, of the million diamonds created by the reflections of the sun on crystal water?”
“No” answered Tony.
Tony was now looking deep into the blue eyes of his grandfather.  It was an interrogative look, full of curiosity, full of naivety . .  .  and full of an impression, a feeling he was
having a very hard time to describe.  Should he be scared of his grandfather or should he trust him?  The young child opted for a diversion, hoping to calm his grandfather.
“Say Pappy, do you want to tell me about .  . .  the sun?” 
“Ah yes . .  .  the sun. Uh, well, what do you want to know about the sun?” Albert asked Tony.
Tony quickly responded, “You know, this star which burns us all, when by accident, it appears apart from the Bubble.  It is said, however, that it has not appeared for many years.  The layer of clouds are too thick and blocks its rays so they cannot get through the layers with effectiveness.  You know Pappy, I never saw the sun.  They say I am lucky, because its rays are too dangerous.  The Bubble is very well-equipped with artificial lamps you know! It gives us all a beautiful ‘suntan’ color.  There is only you, Pappy, who has harsh and cracked skin sometimes.  My tutor says that is because too often you leave the Bubble without protective suiting.” 
Tony did not insist too much on the absence of protective suiting because he knew well that his grandfather did not have the right to have one due to his advanced age. 
Tired, and a little irritated, Albert emitted a long sigh and said
“Yes Tony, I will tell you all you want to know about the sun, the stars .  .  .  and other wonderful things too, but not today. I am tired Tony.  This long walk in the gray mud of Sandy Hook has exhausted me, I believe.”  

*… more to come on Thursday 9thof april (with the continuation and end of chapter 2)..take care of you all. 

dimanche 5 avril 2020

Deuxième publication (suite)…5 avril 2020
*Toutes publications ou utilisations futures de ce récit  devront être le résultat de négociations avec l’auteur…enrg 2002.

  CHAPITRE I
Un cri dans la dune

Je me promenais le long de la plage par un de ces après-midis de septembre comme on en voit souvent sur ces îles. Cette longue plage dorée et passablement déserte pendant ce temps de l’année, dégageait toujours une chaleur d’été et la longue marche que je m’étais imposée, pieds nus dans le sable, eut raison de ma résistance physique.


Je m’étendis alors sur le sable encore chauffé par les rayons du soleil, à l’abri du vent et dans le creux d’un de ces «butteraux» de sable , là où le foin de dune pousse comme la mauvaise herbe dans un jardin mal entretenu. Les épis de cette herbe me servaient d’abri contre le vent. Le bruit de leurs mouvements au gré de la brise légère, de même que le frottement de leurs pointes dans le sable fin, contribuèrent à me plonger dans un sommeil profond et confortable. Les bras de Morphée me transportèrent alors sur une autre planète, mais assez curieusement en un endroit qui me semblait aussi familier que celui où je m’étais endormi. Malheureusement, le décor féerique et les couleurs automnales de la dune n’existaient plus. Soudainement devenu un vieillard et pour une raison que j’ignore, je m’appelais Tancrède. Mon temps m’était compté comme tous les aînés de cette époque. J’avais un petit-fils que j’aimais appeler Antoine. Il était issu de cette génération de la génétique moderne, implanté dans un monde dit «conceptuel». Un monde aseptisé et réglé comme une horloge au quartz, un monde hyperprotégé et contrôlé par des forces inconnues, difficilement identifiables et omniprésentes.
Au loin, là où je croyais deviner la silhouette du village, se profilait une immense bulle de plexiglas, énorme, comme on en trouvait un peu partout sur la Terre en ce temps-là. On dit qu’il y en avait aussi sur la Lune et puis sur Mars. Je réalisai vite que j’évoluais dans un monde sans faille, un monde en parfaite harmonie. Poussé par un sentiment mal identifié, une pensée me portait affectueusement vers mon petit-fils Antoine. Je savais instinctivement qu’il constituait le seul lien qui pouvait m’attacher à ce monde et me permettre de vouloir séjourner dans ce rêve, là où l’espace se fait rare pour les vieux, les improductifs, les porteurs de bactéries ou de virus, en somme, ceux issus des restes d’un certain chaos. Voici donc l’histoire d’un vieillard et de son petit-fils, plongés dans un rêve cauchemardesque et qui je l’espère, vous aidera à partager avec moi, l’essentiel...

English version

5thApril 2020 (Sunday) …the following 
*Royalties belong solely to the author of this text, Georges Gaudet. 2002 . No one has the right to copy, publish or modify its existence for any reason without the express written and signed consent of the author.

Chapter I
A Scream in the Dune
On one of those warm mid-afternoon days of September, like we often see on the Islands, I was happily walking along the beach.  That golden beach, fairly deserted at that time of the year, was still releasing the heat of summer through its fine sand.  The long walk I had imposed upon myself, barefoot in the hot fine tissue of the dune’s hills, finally drained my physical resistance.

I decided to lay down on this naturally warm carpet, still heated by the rays of the sun, and sheltered myself from the wind in one of those deep valleys between the sand hills, where “hays of dunes” grow like bad grass in a poorly maintained garden. The stems of the hay contributed to protect me against the gentle afternoon breeze, and the friction of their tips on the sand created such a music in my ears that I fell deeply into a comfortable sleep.  The arms of “Morpheus” then transported me to another planet but, rather curiously, in a place which seemed as familiar to me as that where I had fallen asleep. Unfortunately, the breathtaking decor and autumn colors of the dune were no longer there.

I was then old and, for an unknown reason, my name had become “Albert.”  My duration time was also numbered, like all the old people of that world.  I had a grandchild that I liked to call “Tony.”  Tony was born during that modern genetic generation implanted in a world that called itself “conceptual.”  A world sterilized, set like a quartz watch.  A world hyper-protected and controlled by unknown forces, absolutely unidentifiable and omnipresent.

Far away, where I believed was my village, there was, instead, an immense plexiglass bubble, enormous, like many of those found here and there on Earth at that time.  It was also said there were many bubbles on the Moon’s surface and on the planet Mars.  I quickly realized I was in a perfect world, a world in  perfect harmony.

Pushed by a feeling I could not clearly identify, something was affectionately pulling me towards my grandson Tony.  I instinctively knew he was the only link keeping me in that strange world, the only link giving me the power and the right to spend time in that dream or nightmare, because I was not sure of anything at that moment.  I also knew instantly that this world had absolutely no place for old people, “unproductives,” the bacterial infected human beings; in short, all those who were coming from the Great Chaos.

Following is the story of an old man and his grandchild, plunged into a dream which could carry the qualifier of nightmare, one which I hope will help my reader to share with me the true meaning of .  . .  the “Essential.”

*…more to come Tuesday 7th2020. Take care of you all.  GG

vendredi 3 avril 2020

UN  CRI  DANS LA  DUNE
 «Quand le cauchemar ramène à l’essentiel»…par Georges Gaudet 2002

*Toutes publications ou utilisations futures de ce récit  devront être le résultat de négociations avec l’auteur.

* Toutes les illustrations et la page couverture sont aussi  des créations de l’auteur.

- À mon père, Émile, qui m’a montré le respect, la droiture et la discipline;

- À ma mère, Obéline, qui m’a montré la rébellion, la liberté et l’aventure, toutes ces valeurs qui lui ont cruellement fait défaut;

- À mon frère, Donald, mon fidèle compagnon d’armes, mon complice, mon ami;

... et à tous ceux qui croient que l’univers fut créé pour notre bonheur, par une force que nous connaissons bien mal, que nous respectons peu et méprisons beaucoup;

Puisse cette force, que certains d’entre nous appellent Dieu, nous pardonne nos bêtises. 

...Il était une fois.... du temps où les humains ne pouvaient survivre que sous d'immenses bulles de plexi

Prologue
Certains voient l’univers comme un ensemble dont toutes les pièces, y incluant les humains, tendent vers une harmonie finale. D’autres y voient un immense chaos qui par sa nature même, ne peut que créer l’abîme et la laideur. Et si le chaos était le début de l’harmonie, un peu comme un point sur un cercle? Ainsi, la boucle serait en train de se faire et se défaire tout à la fois. Comme la vague va , vient, se creuse et s’élève, l’humanité serait-elle vouée à se détruire puis se reconstruire, à se déshumaniser puis s’humaniser à nouveau?

La présente histoire n’apportera probablement pas de réponse à ce questionnement, mais elle aura, je l’espère, le mérite de poser la question différemment. En effet, qu’advient-il de ceux qui cheminent dans la phase harmonieuse du développement humain, mais plus encore, qu’advient-il de ceux qui cheminent en glissant vers le chaos? À ces grandes questions, probablement sans réponse absolue, je souhaite partager avec vous, le lecteur, une part de réflexion, d’imagination et de compréhension par le récit d’un rêve. Un rêve vécu il y a quelques années de cela, alors que j’atteignais l’âge des grands questionnements, l’âge de la prise de conscience de mon état de mortel, l’âge où les hormones mâles ou femelles commencent à vous jouer des tours, d’abord au corps, puis finalement à l’âme, l’âge où tout semble vouloir nous ramener vers l’essentiel. Dans ce dédale de pensées, toutes plus hétéroclites ou bizarres les unes que les autres, il nous appartient quand même à tous, en tant qu’individu et aussi en tant que société, de chercher sincèrement et honnêtement, le vrai visage de «l’essentiel».

Je dédie ce récit à tous ceux qui ont déjà aimé, qui aiment encore ou qui cherchent au plus profond de leur être cette force spirituelle que nous, humains, appelons l’amour. Cette force capable à elle seule, de sauver un être,  uniquement par sa présence et de le  détruire misérablement, seulement par son absence. À tous les enfants de la terre qui n’ont pas eu la chance d’avoir des parents comme les miens, un frère comme le mien, une épouse comme la mienne, des amis et amies comme les miens, je dédie cette histoire.
….la suite le 5 avril 2020 (Prenez-soin de vous et des vôtres).


 (version anglaise)

A Scream in the Dune
“When a nightmare brings back the Essential”
by
Georges Gaudet
No one has the right to copy, publish or modify its existence for any reason without the express written and signed consent of the author.
* The illustrations are also the work of the author, including the front and back covers.

-To my father Émile, who taught me all about honesty, respect and discipline.  
-To my mother Obéline, who taught me all about rebellion, freedom and adventures.  All things she never had but wanted so badly. 
-To my brother Donald, who taught me all about dreams, loyalty and friendship.
.  .  .  and to all those who believe that this Universe was created for all of us, for our own happiness, by a force we do not know and that we too often disrespect and despise.
May that force, which some of us call God, forgive our stupidity.

...at a time when humans couldn't survive unless under huges plexiglass domes. 

Prologue
Some see the Universe as a whole, in which all parts, including humans, are aiming toward a final harmony.  Others see it as an immense chaos that from its very nature, can only create abysm and ugliness.  What would it be if chaos were the beginning of harmony, like a dot on a circle?  So, the buckle would be in the process of its own creation or in the process of its own destruction, depending on which side of the dot the subject is.  As natural as the waves come and go, sink and rise, would humanity be dedicated to destroy itself, then be rebuilt, to dehumanize itself, then to humanize itself again?  
The following story will probably not bring responses to this query, but it will, I hope, have the merit to ask the question in another manner.  In fact, what happens to those who walk on the harmonious phase of human development, and moreover, what happens to those who are slowly sliding into the path of chaos?  To these great questions, probably without absolute response, I wish to share with you, my readers, a measure of reflection, imagination and comprehension by the account of a dream.  A dream that I had many years ago, when I was reaching the age of great and deep questioning, the age of the awakening of my state of mortality, the age when our hormones, male or female, start to fool us, first in our body, then in our soul, the age where all seems to bring us back toward the essential.  In this maze of thoughts, all more heteroclites and bizarre from one another, I believe the responsibility belongs to us, each individual, and as a member of a society, to sincerely look and search for the real face of the “Essential.”
I dedicate this story to all those who have loved, who still love or who are digging in the depths of their soul, searching to find this spiritual force that we, as humans, like to call love.  That force, which on its own, is able to save all human beings just by its presence, and is capable of destroying them all, just by its absence.  To all the children of this Earth who did not have the opportunity to have parents, a brother, a spouse or faithful friends like I did, I dedicate this story. 

…..more on the 5thapril 2020 (take care all of you). GG

jeudi 2 avril 2020

Une idée comme ça

Et si tous les deux jours, tout comme les chanteurs et musiciens, j’offrais gratuitement à tous mes 985 amis Facebook et d’autres s’ils veulent se joindre à tous, une partie de mon roman (Essai) écrit et publié en 2002 sous le titre UN CRI DANS LA DUNE ? On m’a dit qu’il avait une valeur prophétique et je vous assure que je ne suis pas prophète. Cet essai, surtout dans le chapitre 2, fut écrit après de nombreuses observations réalisées lors d’un séjour sporadique de 2 ans à Las Vegas aux USA. Cette expérience fut une révélation pour moi et d’une inspiration dont j’en tire encore aujourd’hui, des pensées qui me rassurent sur ma capacité d’analyse de nos sociétés actuelles. «Sin city» (La ville du péché) fut une ville que j’ai beaucoup aimée, surtout par sa capacité d’être le miroir de notre monde. Honnêtement, j’y ai trouvé l’amour pour un certain temps et l’inspiration afin d’écrire ce que je pressentais bien avant ce qui nous arrive aujourd’hui à l’échelle mondiale. UN CRI DANS LA DUNE, est un cri du cœur et un rêve ou cauchemar qui nous ramène à l’essentiel. À compter de demain, le 3 avril 2020, je vous offre cet essai gratuitement sur mon blogue personnel https://georgesgaudet.blogspot.com. Il s’agit d’un dialogue entre un vieillard TANCRÈDE et son petit-fils ANTOINE en une époque qui risque de devenir notre quotidien très bientôt si, après l’épreuve actuelle que nous vivons, nous ne découvrons pas les véritables racines de la liberté et des valeurs qui l’accompagnent. Ce texte est régi par un droit d’auteur dûment enregistré. Je compte donc sur le respect des lecteurs et lectrices quant à cet aspect technique et vous souhaite une belle lecture à tous les deux jours. Georges Gaudet (auteur). 

An idea like that
And if every two days, just like the singers and musicians, I offered for free to all my 985 Facebook friends and others if they want to join all of us, a part of my novel (Essay) written and published in 2002 under the title A SCREAM IN THE DUNE ? I was told it had prophetic value and I assure you that I am not a prophet. This essay, especially in Chapter 2, was written after numerous observations made during a sporadic 2-year stay in Las Vegas in the USA. This experience was a revelation for me and an inspiration from which I still draw today, thoughts that reassure me about my ability to analyze our current societies. "Sin city" was a city that I really liked, especially because of its ability to be the mirror of our world. Honestly, I found love in it for a while and the inspiration to write down what I sensed long before what is happening to us today on a global scale. A SCREAM IN THE DUNE, is a cry from the heart and a dream or nightmare that brings us back to basics. As of, April 4th, 2020, I offer in english this trial for free on my personal blog https://georgesgaudet.blogspot.com. It is a dialogue between an old man ALBERT and his grandson TONY in an era that is likely to become our daily life very soon if, after the current ordeal we are living, we do not discover the true roots of freedom and the values ​​that go with it. This text is governed by duly registered copyright. I therefore count on the respect of the readers for this technical aspect and wish you a pleasant reading every two days. Georges Gaudet (author). 

mardi 26 mars 2019

L'appel de la mer

L’appel de l’eau salée.

Je m’explique. Plusieurs personnes se demandent pourquoi je ne prononcerai pas de conférences cet été à bord du bateau de croisières CTMA VACANCIER. La réponse est simple : C’est ma décision et pour cause de santé. Aussi dois-je ajouter que les 7 saisons estivales où j’ai travaillé comme conférencier à bord de ce navire avec un superbe équipage, furent parmi les plus belles expériences professionnelles de toute ma vie. Je ne remercierai jamais assez la CTMA de m’avoir offert ce privilège. Toutefois, en janvier dernier, je fus opéré pour un cancer et à presque 70 ans, la période de récupération m’oblige à diminuer un peu mes activités. Voilà pourquoi je vais miser lentement sur la possibilité d’offrir peut-être une douzaine de conférences étalées sur toute une année plutôt que 5 conférences dont deux anglaises par croisière, à raison de 10 à 12 croisières par été, pour un total minimum de 50 conférences en 10 semaines. Même si cela demeure un travail merveilleux, quoique bien exigeant, tant sur le plan physique qu’émotionnel, vous comprendrez que l’unique choix qui s’impose en ces circonstances, est de ralentir un peu la cadence.  Ainsi, depuis le début de 2019, j’ai eu le privilège de prononcer deux conférences seulement. La première devant les élèves d’une école privée anglaise à Westmount. Je leur ai raconté l’histoire des Îles de la Madeleine et des Madelinots «à ma façon», ce qui fut grandement apprécié et avec un bel échange avec les étudiants. 
Quant à la deuxième conférence, j’ai eu le bonheur et le privilège de m’adresser à un groupe adulte privé à Drummondville, dimanche dernier le 24 mars. C’était ma première conférence depuis ma chirurgie. Le thème était : «Le fleuve Saint-Laurent, le golfe et les Îles de la Madeleine, un même destin»… ou «Comment tomber en amour avec ce fleuve en 72 croisières». Je remercie sincèrement ces gens pour leur grande attention et surtout pour le beau partage que nous avons eu ensemble. Ainsi, il me reste maintenant à offrir aux premiers arrivés, premiers servis, une dizaine d’autres conférences d’ici décembre prochain…mais bien sûr avec une période de vacances aux Îles de la Madeleine… «L’appel de l’eau salée oblige». 
   

dimanche 17 mars 2019

Ma nouvelle vie


Convalescence et « chasseur de nuages »



Voici ma dernière création, acrylique sur toile 18 x 24…et elle n’est pas à vendre. Mais si vous voulez une toile sur commande, juste pour vous, on peut en discuter. Rien de pressé et si la demande est là, ma production sera quand même très, très limitée. 

Un nouveau printemps 

Comme les bourgeons qui commencent à piquer une pointe sur les branches de l’arbre que j’ai devant ma fenêtre, chaque fois que le soleil daigne se montrer le bout du nez, je ressens la même soif de vie que cette nature qui nous parle constamment. 



Ainsi, je vais offrir une conférence sur « L’HISTOIRE, LES BEAUTÉS ET LA FRAGILITÉ DE NOTRE BEAU FLEUVE SAINT-LAURENT » en ce dimanche prochain le 24 mars, à Drummondville, pour un public restreint en salle privée. Il s’agira de mon premier « ENVOL » depuis que je me suis fait extirper ce foutu cancer en fin de janvier dernier. 

L’avenir

Je l’envisage avec optimisme et met ma confiance en Dieu, du moins celui en qui je crois. Des conférences, j’ai l’intention d’en prononcer quelques-unes, parcimonieusement, ici et là sur « LA GRANDE TERRE » au cours de cette année, si bien sûr, la demande est là. Je raconterai à ma manière, devant des petits ou grands publics, des classes écoles, des foyers de personnes âgées, des entreprises où devant un grand public varié, des histoires. Des histoires comme celle de « L’AVIATION », celle des « ÎLES DE LA MADELEINE, LES MADELINOTS ET LEUR HISTOIRE », celle du lien profond entre « LE FLEUVE SAINT-LAURENT, SON HISTOIRE, SES BEAUTÉS ET SA FRAGILITÉ » le tout intimement lié au destin de ses riverains et bien sûr « LES ÎLES DE LA MADELEINE ».

Dans une école primaire de Havre-aux-Maisons
À bord du CTMA Vacancier
Dans une école secondaire privée de Westmount


Si vous êtes intéressés, vous pouvez communiquer avec moi par mon adresse courriel… georgesgaudet49@hotmail.com Il me fera plaisir de discuter avec vous afin de vous donner toute l’information dont vous aurez besoin et adapter le contenu de mon travail envers le public (petit et grand) que vous souhaitez combler. 

Que la vie soit bonne pour vous tout au long des jours qui viennent.

GG 

samedi 2 mars 2019

Mon Compostelle 2019.

Nous sommes trois personnes dans ce bureau du deuxième étage, boulevard René Lévesque. Mon urologue a les yeux rivés sur son ordi et je ne perçois pas l’écran. Et puis d’un geste brusque, il fait pivoter sa chaise et dit avec assurance : «Oui, c’est bien un cancer». Je regarde ma compagne et je la sens angoissée, les yeux au bord des larmes, les lèvres tremblantes. Pour moi, le choc est composé de deux émotions diamétralement opposées. D’abord la perspective de la fin de ma vie et l’autre, un soulagement. Alors, je reste impassible. Cette attitude me sera d’ailleurs confirmée par ma compagne quelques heures plus tard. Tellement de souvenirs ont assailli mon cerveau en ce moment précis du prononcé de diagnostic que le temps pour en faire le tour m’aura permis de rester calme. Quinze années auparavant, j’étais avec mon père le jour où il reçut un diagnostic comme celui-là, mais en plus en se faisant dire qu’il n’y avait rien à faire et que l’espoir se condensait en un mois, trois tout au plus. Il recula alors sa chaise de deux pas et me regarda droit dans les yeux avant d’ajouter : «Mais qu’allez-vous faire, ta mère, toi et puis ton frère?»Il venait presque de se faire annoncer le jour de sa mort et son premier réflexe fut de s’inquiéter de nous, sa famille, pas de lui. Sept jours plus tard, il passa de l’autre côté du miroir de la vie. Il y a maintenant cinq ans, j’étais aussi avec mon frère dans ce même bureau lorsqu’il entendit son oncologue s’excuser de la limite de sa science, tout en lui offrant une certaine qualité de vie pour environ six mois. Nous étions en janvier. La réaction de mon frère fut la suivante : «Je vais faire mentir vos statistiques.»Une fois dehors, alors que nous marchions en silence, il me dit soudainement : « Si je peux faire l’été, je serai content.»Il n’avait que 62 ans et il s’est rendu jusqu’au mois de janvier suivant. Alors que ces souvenirs passaient en boucle en ma tête, je me suis dit que je n’avais pas le choix. N’eût été que de faire honneur à ces deux chevaliers devant le combat de leur vie, je me devais de garder cette même dignité et cette même attitude face à une adversité dont en ce moment-là, je ne connaissais pas la véritable issue. 

Le soulagement

Un soulagement parce que je connaissais enfin la réalité de ma situation. D’un naturel curieux, je me battais depuis quatre années afin de connaître mon véritable état de santé. En quittant les Îles, mon médecin de famille m’avait alerté quant à la nécessité de voir un spécialiste. Hélas, il me fallait d’abord trouver un médecin de famille en terre montréalaise. Après un formulaire de 12 feuilles complétées et remis au CLSC de l’endroit désigné, j’attends encore un appel qui n’est jamais venu, dois-je le préciser, quatre années plus tard. J’ai dû «tomber dans la craque»comme ils disent. Alors je me suis tourné vers le privé. En une semaine et presque 900.$ d’examens incluant un scan, je reçus un dvd montrant ma prostate en guise d’explication sans plus. Il fallait encore payer pour une rencontre explicative avec ce spécialiste du privé. Finalement, un ami me recommanda un médecin de famille bien connu des Madelinots. C’est lui qui m’introduisit auprès d’un urologue. Donc, après trois années de recherches et d’attentes, des prises de sang, une petite chirurgie d’un jour et une biopsie, enfin je connaissais la vérité. Voilà pour le soulagement. 

Maintenant la peur 

Un cancer pas dangereux que certains m’ont dit.«Si j’avais à choisir un cancer, c’est celui-là que je choisirais» m’a dit quelqu’un d’autre. Ah oui! j’en suis bien heureux, mais je sais aussi que c’est un tueur possible. Quelques grandes personnalités en sont mortes. Pour en nommer quelques-unes : François Mitterrand, président de la France, Pierre Elliott Trudeau, Winston Churchill, Bernard Moitessier, Gary Cooper et plus proche de moi…mon père. Alors, dire que je n’ai pas la chienne, ce serait mentir, même si on me dit que quand c’est pris à temps, il y a des succès variant de 80% à même 100%. Évidemment ce ne sont que des chiffres et en bon ex-journaliste, j’ai fait ma petite recherche. En 2017, en considérant une population masculine vieillissante, on a découvert 21300 nouveaux cas de cancers de la prostate au Canada, soit une proportion de 21% de tous les cancers connus à ce jour. Mais la science évolue et pour une moyenne de 58 nouveaux cancers de la prostate quotidiennement décelés en 2017, (11) – onze personnes vont en mourir, soit une proportion fatale de 18,9%. 

En conclusion, si j’écris tout ça, ce n’est pas pour me faire plaindre où attirer une certaine sympathie, mais bien dans l’espoir d’aider certains hommes qui ont cette tendance à minimiser certains symptômes bien connus du monde médical. Heureusement, mon petit côté hypocondriaque m’a peut-être sauvé. Les années à venir le diront, mais on me dit que toutes les chances sont de mon côté. Alors, si j’ai un conseil à donner, à vous les hommes, ou les couples qui ont une bonne communication, faites vérifier votre maudit PSA  ou APS en français pour (antigène prostatique spécifique), surtout après 50 ans d’âge. Ensuite laissez votre médecin de famille ou votre urologue vous guider et interpréter les résultats. Je ne suis pas un spécialiste et vous non plus à moins d’être médecin. Il ne s’agit que d’une simple prise de sang pour en avoir le cœur net et là, je sais pourquoi certains hommes hésitent à demander ce test. Deux questions gênantes se posent pour plusieurs hommes sans qu’ils osent en parler. Question 1 : Vais-je perdre ma libido si je dois subir une chirurgie de la prostate? Et question 2 : Vais-je pouvoir continuer à bander?...dit cru comme ça, cela peut paraître mal à propos, mais c’est la réalité. N’ayez crainte, ce n’est pas une opération au cerveau comme l’avait dit à un journaliste, le célèbre président de la France, François Mitterrand. Il s’agit de franchise ici et d’un risque de mortalité. Quant à mes réponses à ces deux questions, vous permettrez que je garde ma condition bien personnelle, mais ce que je puis affirmer ici, c’est qu’il n’y a aucun cas semblable et tout dépend de la sorte de chirurgie que vous avez eue, de votre forme physique, de votre âge et de d’autres facteurs que votre médecin ou spécialiste pourra mieux vous expliquer que moi. Et puis en bout de ligne, dites-vous bien aussi qu’un «cadavre», ça bande pas fort. 

L’espoir

Voilà! Tout est dit et je viens d’écrire tout cela en tout respect envers mes lectrices et lecteurs à qui j’avais promis de justifier mon absence sur mon blogue pendant les deux derniers mois. Personnellement je suis sur la bonne voie de la réhabilitation et comme j’ai toujours aimé la vie, je puis affirmer que je l’aime plus que jamais. Heureusement, j’ai été et je suis toujours accompagné d’une merveilleuse compagne et d’amis sincères qui ne m’ont pas lâché d’un iota et ça, c’est plus que de l’or en barre, c’est un cadeau du ciel. Compréhension et communication avec une petite ou grande dose d’amour et d’amitié, sont les meilleurs ingrédients pour guérir. Et puis quand des centaines de messages vous arrivent par les réseaux sociaux, il est difficile de ne pas avoir envie de se battre. Des projets se multiplient dans ma tête et je n’ai de cesse de m’en gaver jusqu’à leur réalisation. Je n’écrirai plus sur ce sujet, mais je demeurerai disponible en privé pour quiconque aurait besoin de conseils ou de partage, ceci dit en affirmant que je ne suis ni docteur ni spécialiste. Juste un des 21 mille nouveaux cancéreux de la prostate qui a envie de s’en sortir totalement, car la vie est trop belle et trop importante pour la perdre par la peur ou la négligence d’un simple test sanguin. Cela m’a pris 4 années d’angoisse pour en arriver là aujourd’hui, simplement à cause d’un déménagement, mais on me dit que je suis dans les chanceux. Il n’est pas besoin d’attendre aussi longtemps. Et puis n’oubliez pas, la vie est belle.  

  GG